Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Ma mille et unième soif d'exister
J'ai goûté à ta forme naïve
et relativement belle
à ta mutation d'enfant sexuée
exilée dans mon appartement
le tissu qui nous séparait
cruel et charmant
séparait aussi tous les êtres
contenus dans une bouteille
J'ai béni la maladresse
d'un homosexuel filiforme
j'ai béni ta cuisse et ta fesse
en polissant ton derme
un souvenir a refleuri
celui des lois anciennes.
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Poésie behavioriste
Combien ce monde est laid
la numération est difficile
un, dix, cent, mille
manque de sérieux et de géométrie
Non rien n'est beau ici dans ce monde uniforme
flasque et néantissime, ennuyeux à mon oeil
parfait. En mon être qui est un grand cercueil
je conserve un germe désireux d'autres normes
C'est à vous la faute? vous, mes horribles frères?
Combien ce monde est parfait
l'englober est un crime adorable
dont je suis incapable
manque de force et d'à-propos
Non rien n'est beau en moi sous ma carlingue épaisse
tous mes fils se touchent sans faire d'étincelle
même ces entrelacs font un mauvais recel
des pures émotions dissoutes dans la graisse.
Alors, à qui la faute? la question reste entière.
A la chimie des particules
à l'éloignement des galaxies
au soleil qui frappe nos cellules
à l'intranquillité de l'esprit
Aux mains qui surgissent des bras
à tout ce qui fuit qu'on ne saisit pas
à tous ces fruits qui nous narguent
quand le grand large nous largue
Les flots sous nos yeux scintillent
à se brûler le corps né
quand le vide nous a banané
et qu'on dérive comme une brindille.
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Aimons le vide et son poids infernal
le déséquilibre aux regards mourants
l'inspiration et son déhanchement
laissons filer notre souffle abyssal
D'autres que nous pourront se raccrocher
à ces lambeaux qui nous ont dévêtus
l'horreur enfin d'être tout à fait nu
aura fait sens à son croc de boucher
La peur reflue en nous léchant le sexe
bouche tombale chargée de fleurs
au ressac de lointaine clameur
lèvres océanides qui nous crachent au monde annexe
Aimons le vide et son poids infernal
le soleil devenu minuscule et dangereux
aimons n'être plus qu'un rien vaporeux
retombant sur votre accoutrement animal.