Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Un feulement de vide
ce tigre bleu impalpable qui tourne au-dessus de nos têtes
crache un chant inarticulé, chaud et moite
quelques oiseaux s'accrochent aux branches des antennes anciennes
qui ne captent plus rien
ce qu'il reste à partager, et que j'ignore trop souvent
je le dépose au creux du vent
ou dans le minuscule courant d'un filet d'eau du caniveau
et je proclame dans un grognement
que l'évolution se fera en chemin inverse
en plantant ses griffes
dans l'écorce du temps
oublie
ce que nous sommes dans le miroir des autres
ces vitrines de l'inacceptable, du trop cher
ton père et ta mère, ces derniers Hommes
oublie
tes semblables dans leur cage de devenir
leur âme expulsée dans une autre cage, plus petite et portative
tragédie matérialiste : ils sont si loin du véritable objet
OUBLIE ! ET PLEURE !
va au bar, au coin du trottoir
tourne sur toi-même comme un chien fou
pour coucher les barreaux de pailles
IMPOSE TA POESIE STATIQUE
d'un oeil fou, d'un oeil de bête
arrache les membranes de leur peau factice
délecte-toi des artifices
GRIMPE AUX MURS !
aggripe-toi à la chevelure des immeubles
comme un pou trônant dans la nuit sous la lune pleine
et regarde avec ton oeil fou, ton oeil de bête
redeviens l'Animal
et laisse-toi
bondir