Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
On aimait la nuit
pour voir crever la ville
procession de lumières
et vents qui rugissent
quatre-cent fois à faire le tour
des nocturnes fêlures
sous les remparts orange
qui ne cachent pas nos écarts
on aimait la nuit
pour ses anges pourris
perdus, stériles
souviens-toi qu'on pouvait gueuler
des inepties poétiques
sous les orages violets
des percussions
sans souci d'altérité
on avait pas d'espoir
pas de lignes au loin
jamais peur le soir
des fausses notes
on aimait la nuit
pour ne plus se cacher
on aimait le soir
et ses yeux de suie
on aimait la nuit
aux champs de bitume
son velours noir
étalé sous la brume