Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Et quand
j'écris pas ce que je veux
des histoires simples pour enrichir la nuit
des muets
coeur pilé
ceux qui restent secs sur les joues
que là, dans ce machin géant, infini de foutre et d'espace
qui va, voile enivrant sur nos faces
blanches comme le souvenir
que là, juste sous les doigts la feuille vole
en direction de l'enfant au regard fixe
c'est le frêle silence solide
oui quand je veux, bordel!
rien de somptueux, non, juste un peu de magie pour se prouver
la réalité ron ron
étymologiquement, y a pas que le désir aride
de la communication craquelée
je je je tu tu tu, tu sais toi d'où ça vient?
et que c'est déjà plus là
cette histoire que je voulais si simple,
je ne sais pas, je ne sais pas.
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Thank you satan
Le diable m'en a donné un peu
pas du tout
dans les couloirs exigus
des tunnels lumineux
un sol qui se dérobe quand se forment dans les nuages des créatures étranges
le diable m'en a donné
peut-être
des éclats à la Nina
la télé couleur de Janis
le sentiment d'être là là là
parmi les voix de tous les âges
le diable m'a donné quelques bagages pour aller voir quelque part
par-delà
il m'a donné une nuit interminable éclairée par des halos
de chair calcinée
une odeur que je garderai
dans les jours falots
il m'a donné d'être un peu salaud
et même si c'est pas assez
quelques pensées qui s'enveloppent de vous
quand nos lèvres ne se touchent pas
des millimètres à en crever
il m'a donné un corps à foutre sous le vent
qu'on dit mauvais
cette caresse sur les nerfs tendus bleus vifs
des artères longitudinales jusqu'au paradis des yeux foulés
tout de suite disparus
des paradis exigus
qui souffrent de parfums de
soufre et de satin
mais il n'a rien dit
le diable
a souri et ses mains crochues
m'entrainent dans des semaines où le vide bat son rythme affolant
de petites choses menues
à peine entrevues
des lames de couteaux rougies à planter je ne sais où
le diable m'a donné du sang à pisser près des rivières
qui coulent encore autour de nous
Le diable m'en a donné
des rêves fumeux fumerolles filandreux
des lasers tissés entre les paupières
des éveils feuille froissée
tapage thoracique TAP TAP TAP, un souffle court
des jambes qui s'enfuient, qui fondent sous la blonde
des os qui craquent quand derrière il y a...
ô l'envie de pleurer quand on sait pas pourquoi
mais que putain, y'a un truc
caché, majestueux, hérissé de marbre coulant, aveuglant
des tâches minuscules qui parlent aux pointes noires de lumières éteintes
mon dieu! tudieu!
une
petite musique
Ti ti di di dou dou dou
le diable m'a offert un calvaire
si doux dou dou
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Préface
Je n'aurais sûrement pas grand chose à dire
de plus
que ma chair hurlante dans un brasier
qu'un général psychopathe à son petit troupeau
que cinq minutes avant mon exécution
que face au vide si enivrant
que face à un corps bien fait
au creux d'une oreille battue de boucles fines et soyeuses
l'éloquence et le foutre
une vieille histoire
notre vieille histoire
Tout a-t-il été dit
par Boby qui aimait tant les allitérations?
par Lautréamont qui a horrifié notre bonheur
Y a-t-il un espoir de se sentir un instant
un peu différents
de nos cou-cou-cou-coutumes d'être
d'abandonner l'ombre crasseuse qui nous tient lieu
de personnalité
Y a-t-il une volonté réelle de trouver les concordances
la juxtaposition de nos peaux
nous qui sommes des animaux
un peu bavards, même lorsqu'il n'y a rien à dire
-la preuve!
Je vous regarde souvent
les uns après les autres
noria de prochains
et je ne vous crache pas dessus
et je vous admire
quelque chose dans l'être, quelque chose est admirable
et je le cherche, entre les bourrelets de gras
de pudeur mal placée, de haine grotesque, d'inélégance
de lourdeur, de bégaiements...
cette vision de l'humain quelque fois s'impose
j'espère me laisser abuser encore longtemps.
II
Il faut chialer les enfants
c'est notre dignité, il faut chialer tant que cela est possible
avec notre face de truie
scrofuleuse de désirs, d'abcès soyeux
miteux, calamiteux de l'esprit
dans notre faible bocal ouvert en de multiples endroits.
Ô combien j'ai aimé ma bêtise! mon inculture issue d'une longue évolution
ça c'est sûr, à l'école on nous a appris à masquer les sentiments
à faire semblant de savoir
à ne pas y voir au milieu des corps étendus
dans le cimetière citadin
qui ne devient beau qu'au soir tombant
moi je pleure par la bite
pour ensemencer d'émotions
les morts qui nous voient par en-dessous
je vous abandonne la poésie
je m'écorche
c'est pour le don d'organe
parce que bordel, j'ai rien d'autre!
des palimpsestes
je voudrai léguer mes restes, et qu'est-ce qu'on y voit dans mes ordures?
un bel enculé sans force
quia voulu lécher le génie jusque sous l'écorce
des arbres plantés dans l'azur
J'ai mordu les pages de la vérité
j'ai bavé d'ssus
j'ai couru, couru, couru, je le jure! dans des allées sans bord
certains ont croisé ma route en sens inverse
d'autres m'ont dépassé
vous étiez peut-être là, qui sait
à me sourire parce que nous sommes dans la même galère
compassion des condamnés
Pourquoi ce frisson sans température
sous mon tee-shirt venu du Brésil
je suis un chat gavé de figues et qui regarde le fantôme d'une souris
mes poils se dressent
comme elle est belle cette symphonie...
j'envie les gens qui parlent simple
les toits sont brûlants
même le soir sous les étoiles
et voilà j'ai encore un frisson
pardonnez-moi si je saute et que je ne sais pas voler
c'est que je suis un enfant assez idiot
Soyez des chiens, je vous en prie
lapez ce que vous pourrez de mes boyaux
c'est gratuit, c'est gratuit
je suis un musée d'émotions indéfinies
des larmes artificielles, serait-ce le plus beau?
Le beau, le beau, le beau, le beau
putain, je cherche
sous votre peau un frisson aussi
mais c'est la dèche, c'est la crise
des inflations mensongères
des habitations sur pilotis
déraciné
bon dieu, quelle blague!
Le beau, le beau, le beau, le beau