Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Tu es à l'abandon, en chute immobile
emporté fébrile
d'un bout à l'autre de ton appartement
où tu n'es pas différent
au bout de toi traînent ces choses
on dirait des jambes
parfois elles se superposent
tout est si... étrange
un certain temps n'avance plus
pourtant dans la rue, une rumeur
les aiguilles se plantent dans le cadran
oh rien de tragique
comme si toutes les peintures
sur les murs intérieurs
étaient de couleurs
strictement identiques
mais au-dehors
tu sais que germe un immense poème
entre les nervures du béton
et sous l'arche en marche des étoiles
au-dehors c'est un festin
giboyeux de gens, de machins
la belle mécanique en action
feux d'artifice et pulsations
mais... les rougeurs solaires te glacent
les voix crissent jusqu'à toi comme autant d'ongles longs sur l'ardoise
tu clos ta fenêtre, elle gémit une plainte;
bientôt
Bientôt, aucun doute
ça reviendra
II
Cet écart
où le coeur se disloque
s'enfonce blanc comme neige
en emportant tout le reste en un
vertige
des étages et des étages
et pourtant le bitume est si bas
ce grand écart, abîme humide
un trop plein de crevasses
cet espace
quand on n'sait pas où
se distendre
aux frontières des chairs annexes
chaleur des autres fous
ou dans le bleu tiède du silence
et si on laissait pourrir
sa chance?
Des parois percées de couloirs
aux échos de non-vouloir...