Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Le coquillage du soir s'effondre en petits morceaux
absorbant beaucoup de bruit, beaucoup de vie
il semble ne rien vouloir recracher
on peut imaginer des arcs-en-ciel quelque part
hors-d'ici, hors de nous
des murs aphones avalent l'éclat des mots incomplets
la nuit qui succèdera sera
parfaite
magique assassin des vies ordinaires
le coquillage du soir est une poudre
une poudre d'or
une poudre sombre
j'imagine ces ombres qui vont danser
farfelues, irréfutables
et pourquoi les imaginer déjà? ma tête n'a rien d'autre à foutre?
la nuit qui succèdera sera
parfaite
magique assassin des vies ordinaires
depuis cinq minutes que ce texte absurde est commencé
tout s'est modifié si vite
les couleurs agonisent en geignant
ce cadavre de 1er février ressemble à s'en morfondre
à tout ce qui n'advient jamais
là, voilà, la gorge noire disperse ses cendres
la nuit qui succèdera sera
parfaite
magique assassin des vies ordinaires
nous sommes encore ensemble pour quelques instants
Barcarolle opus 60 en Fa#
je vois des spectres rieurs sautiller sur Chopin
leur long voile d'étoiles crevées
annule tant de choses
les écailles du ciel dissolvent une sorte de néant
la nuit qui est là
est horrible
silencieuse et vivante, comme tout ce que l'on pense vraiment.