Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
(qu'un seul vous apprenne à les connaître tous)
Ils parlent de leur temps dépapilloté
comment il a pénétré leurs orifices et blessé dans son tracé
tous leurs petits organes mous et débiles
ils parlent de leur pompe coronarienne
du réseau routier de leurs nerfs
de plus en plus fissuré, et toujours en travaux
ils parlent de leurs dents et leurs dents sont ces choses
palissade couleur foutre oxydé
d'où filtrent des lapalissades par petits mouvements saccadés
et quand ils ont enfin fini de parler la ville se soulève
pour les emporter puis
les remplace à moins que vous ne courriez en hurlant
chez vous
où vous percevrez le temps fuser à travers vos orifices
congestionnant vos organes mous et débiles
où vous percevrez le flon flon flon de votre pompe
et les trépidations de vos nerfs fissurés
où vous percevrez votre palissade d'ivoire grincer
vos pensées mille fois entendues
et la ville ne vous soulèvera pas, elle vous laissera là
chez vous
avec vous-même.