Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Dehors, dehors
là où la Vérité s'impose en panneaux publicitaires
des poètes pervers au crâne obusier
entraîne l'idiote innocence
pour se décharger
de leurs bons sentiments
ils font quelques pas dans le bleu impalpable
sur les pavés minables
et simulent une danse
puis baisent à grand coup d'errance
Dedans, dedans
là où ça grouille, ça gratte, ça ronge à foison
comme la gale se régale des cellules épithéliales
le silence même se tait
la conscience aurait trop à dire
comme les nuages crèvent et surnagent
sur le blanc brillant de la mer horizon
sans gémir sur les navires qui se noient
écoute le vent, il spirale à la surface
et le sens en nous s'enfonce
Dehors, dehors
des gueules comme des livres où tout est dit
là c'est révélé, sans espoir, craché, mollard
mon dieu, mon dieu, mon dieu, je comprends que tu sois parti
Dedans, dedans
un miroir hermétique, un zoo de chimères habite
des chiens de faïence, tu protèges ta porcelaine?
au fond du cloaque, embrasse les lèvres de ta nuit
Dehors
Dedans
serait-ce les mêmes figures?