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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 15:16

 

 

  avant d'être fou, avant d'être mort
avant d'être comme nous
il a penché la tête et levé les yeux
pour voir le monde
était-ce joli-joli ou joli-pas trop, ou joli-dégueu?
beaucoup n'ont vu que lui descendu de sa croix
tête penchée, regard levé, un sourire qui s'imprègne en esprit
quelques frissons en comprenant que l'être
se dilue se mélange, interpénètre, amour chatte bite, orifices offerts
amour au trou du cul du monde
le sang la sève le sel la sueur sentiment
désapropriés
pour couler à nos pieds comme une ombre
et l'ombre est à nous quelques instants

  puis il est devenu fou, mort et enfin comme nous

  une tâche, un travail dans la vanité
tac tac tac, ça ne vaut rien
allonge-toi idiot, quand je le vois je me dis: allonge-toi, idiot
connexion de ta bêtise aux racines en-dessous
les gens méritent mieux que toi et moins que lui
ou alors j'ai rien compris
je suis un dépossédé de l'adonai, il fait vide, il fait vent
je suis un cochon juif et Jésus m'entretient
au commencement le verbe foutre dans les yeux du cosmos créés en même temps
petites cellules désordonnées, ce n'est pas à moi de montrer la voie
je passerai de l'une à l'autre chargé d'un sourire
un sourire témoin, pas tout à fait factice
pardonnez que je trahisse un peu l'héritage
j'ai pris ce que j'ai pu

  puis il est devenu fou, mort et enfin comme nous

  ça aurait pu être fort, être grand riche et enivrant
comme une rivière de parfum d'outre-monde sortie de son lit
le moi est haïssable, le toi vénérable
miroir mur et vie derrière
puissance troublante, trouante à contempler, on s'en charge
mais comment s'en décharger, c'est-à-dire: offrir
pourquoi écrire? pourquoi graver un coeur dans l'écorce de l'arbre de vie
machine aime machin for life
p'tite parcelle de paradis partie pfuit
décousue comme la pensée quand l'émotion l'éclate en copeaux
excusez-nous de partager l'unique, l'indivisible
excusez le blasphème perpétuel de la parole
après tout, il n'y aurait qu'à se toucher du bout des cils
même pour un court instant

  puis il est devenu fou, mort et enfin comme nous

  comme vous j'ai une cervelle, salope quasi indomptable
baignée dans la soupe séminale, issue de cuisses soumises
je veux parler aux âmes sensibles fichées dans l'armure pourrissante
de nerfs et d'a priori réfléchissants
et quand j'aurai tout dit en oubliant l'essentiel
après la connexion éphémère de nos contacts absolus
que nous aurons caressé nos peaux méritantes
quand la lune ravalera sa lumière solaire et glacée
pour la foutre sur d'autres gens, sur d'autres peaux méritantes
quand nous nous serons trop vus, trop connus, trop léchés
dans le noir corbeau muet
qu'un petit souffle parfumé d'outre-monde s'invitera entre nous
j'adresserai un merci général aux embruns aux palpitations;
une barre pantée dans le crâne, à genoux.

  Alors je deviendrai fou, mort et enfin comme il faut.

 

 

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Published by ignatius
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commentaires

lizagrèce 26/07/2011 19:09


Brave homme ! comme il avait raison ...


lizagrèce 25/07/2011 15:24


Si Spinoza le pensait, alors tout va bien ...


ignatius 26/07/2011 16:56



J'aime beaucoup Spinoza, rien que son sophisme liminaire dans l'Ethique prouve combien cet homme était fin. Il y démontre par l'absurde que Dieu ne peut qu'exister, ce qui prouve, en creux que sa
pensée profonde était bien entendu qu'il n'y a aucun Dieu...



lizagrèce 25/07/2011 13:05


Ben ! c'est gai !


ignatius 25/07/2011 13:50



Oh mais ça n'a rien de triste, c'est un raisonnement qui se tient je trouve, je pense même -sans vouloir me la péter- que Spinoza n'y trouverait rien à redire!



lizagrèce 22/07/2011 23:27


Mourir fou ... Pourquoi pas ? ... Mais bien comme il faut, c'est un peu trop .


ignatius 25/07/2011 12:50



Vieille théorie à moi: rien n'est perfection ici hors la mort (absolue, éternelle, immuable)...



miou 18/07/2011 22:58


sourire... bien vu, oui...


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