Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Et voilà
Nina Nina Nina
ce piano qui tremble jusque dans les articulations
de l'ombre charnue
Ce jour ce jour ce jour
faisceau affalé du ciel
je peux pas vous dire pardon
pourquoi ça me fait ça
j'ai cent mille trous
connectés dans des débats grésillants
c'est ça que j'entends putain entre les cloisons
du vent!
du vent de sel sur les sutures
Ce matin musique
magnifique baise, rien n'est abouti
langue déroulée sur les croûtes encore flambantes d'un chant
de qui se moque-t-on? des émotions fêlures
des fleurs nées poussées nocturnes quand la conscience n'est rien
que des humains vivent des trucs au loin, au loin de nos visions
minuscules
et moi je suis un enculé! égoïste peureux parfois pouah
malgré ça je flotte sur la tristesse jaillie du monde éclos
oh ce flot c'est si simple, on se sent aussi humain
çççççççççççççççççççççççççççççççça glisse!
dieu nous a vendu de ces choses, liées avec la vie
le corps, on avait rien demandé pourtant
et la lune a clipsé dans un revers de l'oeil
des parfums ont traversé les dessins là-haut
entrebrasures couleurs muettes du bleu nuit qui se dilue
et les cent mille trous pour apprécier tout ça
ces notes grouillantes dans la guitare d'un pote
m'en souviens maintenant comme d'une stalagmite qui perce le glacier
ce soir-là, il jouait si bien, et nous on chantait
un mec mort anémique
mais là ce matin, putain:
MUSIQUE!
Ca flotte, ca flotte, c'est pas de l'eau non
c'est dans le ventre, LA!
qu'est-ce qu'on a fait, qu'est ce qu'on a fait? on a vu des fleurs pousser
des fleurs de dix mille ans
ces fleurs de charnier, carnivores de nous, et on aime se donner
Mais hier, putain, des histoires
alors que le plafond cyber tellurique se recroquevillait
on a fui dans les rues du siècle dernier
dans la poussière fouettée, y avait des sirènes
abandonnées, bourrées, et le whisky chantait,
musique! les sirènes me font toujours chialer
il leur en faut de l'eau et elles se font baiser
tourbillon de poussière ensablant les cités
c'est pas du rêve, non, mais voilà ce matin
de carcasse échouée je voulais des histoires
encore encore, la suite, allonger un espoir
démiurge de mon cul tout gorgé de sa faim
Il est midi dépassé
harmonique au loin
la vague repart
elle laisse un écho
là
un écho un écho un écho