Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 19:22

 

 

Qu'est-ce que l'amour vient faire là-dedans
et la Beauté? quel intéret?
je me dévore les lèvres avec cette question sans fondement
je tricote des fils de soie, de Lui
des horreurs rejetées par la nuit
qui font fuir les chats
mais les chats sont peureux

  qu'est-ce que TU viens faire la dedans?
tu te poses la question
comme tu poses un pot et tournes autour
ma langue pâle poursuit tes atours
et plonge parfois au creux de ta raison
de tes petits riens
frémissants comme frémissent tes reins
trapèzes à étudier
des géométries d'opale à encercler

  est-ce que l'intellect a sa place?
Je n'aime pas les réponses
je ne considère que les non-dits
pas besoin des mots qui engoncent
des phrases qui se prélassent
un sourire est un parti-pris
nous avons tout eu, le reste -à venir ou non-
est un château de plumes, une ivresse de chanson

  nous avons à nous taire, un peu
à contempler ce spectacle des jours naissants
des couleurs ordinaires
de la simple esthétique
du feulement de l'air;
de la vie en pratique
gicle à l'intérieur le sang joyeux
je te vois tu sais, quand je glisse mes doigts dans le vent.

 

____________________________________________________

 

La colère d'Achille au soleil couchant

  pour toi, je polis ma colère
droite, obèse et digne,
aux proportions épiques

mon mépris orienté
rectiligne
un jet de javelot dans ton ventre
mes baisers fanés
et malsains quand tu tournes le dos
ma haine douce
fichée en ton centre

je garde et je polis
ces métaux
crispés
qui rouillent doucement
comme des balles oubliées
dans nos carcasses de palabres

et, depuis ce temps
tu es face
au vide
mes métamorphoses te dépassent
en longues ombres exagérées

tu es le vent
je suis fantasmagorie
projetée, refletée,
insaisissables l'un et l'autre
inexistants
incapables de se rencontrer

ce n'est pas ta faute
c'est moléculaire
on avait l'air d'y pouvoir quelque chose
métamorphoses des marbres blancs
en poussières synthétiques

l'huile et l'eau
l'ombre et le vent
le serpent et le démon
chimères aux crocs d'oiseaux

la vertu n'unit rien
le sang sèche sans bruit, sans doute
comme se dépèche un soleil de minuit.

le souvenir n'est pas si doux
pas si caressant, pas si troublant
mais nous sommes fous.

je te tue lentement.

 

___________________________________________________

 

Anna t'aime

 

 Trop sauvage pour toi
tu n'as su voir voir mon élégance
tu jouais encore
petite fille
avec les sentiments de ton papa.
Tu danses dans ton pauvre décor,
Tristement.

  Petite fille c'est trop tard
tu as grandi
dans ton tutu de soie
à demi nue désormais
seuls tes attributs
préservés de mes yeux satyrs

  On s'est collés
le temps d'une danse
obsédante
pour une transe antique
qui n'avait pas de fin
toute une nuit durant
hypnotique
puis l'aurore a percé
les voiles sont tombés,
Horreur...

  Petite fille sans plus de destin
tes doigts si fins
déchirent d'inexistants rideaux
j'applaudis
la performance
sans tristesse ni remord
je conserve mes injures
mes sortilèges entrevus
à l'époque du possible

  J'applaudis la performance
Néron était adepte de la déchéance
vive le feu, vive la mort
c'est beau de croire
que Roma brûle un soir
encore.

 

___________________________________________________

 

Daphné

 

  Daphné tu fuis portée par un vent d'autan
tu as fui, il était temps
pourchassée par mes insanités
et mes yeux quadruples de vanité

Ces liens-là, de soie, de toi et moi
ô tentacules, ô ombilics, ô nos lois défraîchies
ce que tu en sais, c'est peu, mais tu t'alanguis
du ventre, de la cervelle en émoi

  Daphné, mes ordures enchâssées de cristal
murmures au son parfois banal
réfutés par tes yeux tournés vers rien, ou le sol
ou l'Enfer,
ou la folle torture passée
t'encerclent désormais
que tu le saches ou non
que tu croies au Vrai, au Beau
que je mente ou que tu simules
un éclat bleu dans l'oeil
les désirs en cercueil
ballotés dans l'air de jadis
que tu voies
les calligraphies à tes paupières
les météores d'Apophis
que tu sentes
ta peau sèche ou molle
perforée
recollée
que tu sois comme moi
ou l'Autre
à moi, ou morte
que tu fusses ou non
une sylphide, un démon,
fille de l'eau ou du vent
tu n'ignores plus maintenant
...
Tu n'ignores plus maintenant.

_____________________________________________________

 



  Ce n'est ni ton âme
ni ta peau que je veux
ni tes regards de biche constipée
l'envie d'exalter ton désir m'est étranger
je veux un drame
et tes sentiments liquoreux
répandus sur le sol
de mon dégoût pour toi

si je t'aime
tu es perdue pour la vie, pour la mort
pour les saisons à venir
et même pour tes souvenirs vaseux

  Ce n'est pas toi que je veux
ni ton corps de sylphide évanouie
ni même tes pensées
je veux ton nombril
que tes dents crissent avec passion
voir le grésil recouvrir tes limbes
et nourrir ta langue immobile;
te chanter une chanson
pendant que tu appelleras le trépas de tes voeux

ah oui
je t'ai désirée
y compris dans nos jeux putrides
entre mes stances fétides
nos amusement de sales gosses trop gatés par les dons
ah oui,
c'est bien vrai.

Que veux tu aujourd'hui?
c'est en tous cas
le dernier né des cadets de mes soucis
si tu respires encore
lorsque je viendrai à te croiser
dans les entrelacs de nos météores
ne jette pas de regard sur moi
ne t'afflige pas de nous avoir ratés
contemple seulement les erreurs
érigées en statues
les mains tendues
et sectionne-les.

  Ce n'est plus toi que je veux
ni ta voix de crème létale
sirupeuse comme le plus doux poison
je veux tes mâchoires écartelées
par ces mots qui restent fichés entre tes dents
attirés par tes larmes qui ne viendront jamais

  je n'attends plus tes alarmes
aucun geste
rien de réél
tu es l'ombre d'un rêve projeté
sur l'abrupte falaise
de mon mépris pour l'humanité
et encore, je suis gentil.

  je ne veux plus caresser ton cadavre
ni les exhalaisons ultimes de ce que tu n'as su dire
de ces privations morbides et libidineuses
bloquées dans tes mâchoires,
ce havre de silence
que je fusille de mes doigts sans ongle.

  Reste loin de moi.

 

_______________________________________________________

 

Sale petite pupe

 

Elles étaient folles
ces étoiles molles
ces étoffes de cinéma
qui volètent autour de toi

des esquisses du bout des doigts
pour se montrer combien
nous sommes magiciens
le regard planté tout droit

  Ce fut enivrant n'est ce pas?

  Il y avait la pluie fine
qui mouchetait nos chairs électriques
le souffle de l'abime
et ce désir anorgasmique

dans les méandres sulfureux
de nos effleurements de pulpe
on se disait -on y croyait à nos jeux:
"tu ne peux pas me toucher"

  Petite pupe
quand vas tu t'envoler
dans un fatras de taffetas
dans un bruissement de jambes
sortir de ta gangue
qui déjà se désagrège
oh mais tu sais, j'ai mes sortilèges
aussi
ces mots interdits qui te font peur
la certitude du pire
et du meilleur

 

_________________________________________________

 



  Elles n'ont pas d'ailes
et pourtant elles volent comme la poussière
dans le monde irréel
des tourbillons enivrants et souvent insincères
que je plaque
au sol
le temps d'un instant
pour y planter mes ongles et mes dents
si je mords ce sable opaque
c'est que je mange du vent humide, de l'air âcre
et des globes occulaires

parfois leurs cuisses se dessinent sans manquer de grâce
sur le parterre collant
qui rebondit de musiques agressives ou bien fadasses
un autre leur trouve aussi du charmant
il a un sexe
si si
à immiscer entre les sphères qui ne luisent pas
entre les coupoles pas du tout célestes
qui élliptisent selon un axe tordu et plat
jolie mécanique des astres
il a ses chances le pitre
comme moi, si si
je fume derrière la vitre
-"ouah c'est sympa ici"
-"je me prends aussi pour un musicophilien"
Ha! ce truc soudain c'est trop bien, ça ne se manque pas!
il faut y courir car on est pas là
pour croupir

  Mais la Terre a subi des assauts, des souillures
des glaviots, du sucre spermatique
il y a comme une pesenteur qui rend statique
et puis la Mort rigole, désinvolte et sûre.

 

______________________________________________________

 


Oedipe-la mon grand

Elle était mon oreille, mes yeux
ma saveur âcre et rebelle
sorcière putride
mère infanticide
je n'aimais qu'elle et moi

elle était aussi mon estomac
le chemin soyeux dans la nuit
les arbres tordus
toutes sensations
alpha-omega, le mielleux et le pus
le centre de mon visage lui appartenait
je crois que j'étais heureux

personne n'avait raison
tout le monde ment
elle, toujours sincère
toujours délètère
a posé mes doigts sur sa poésie fertile et mortelle

je ne l'ai aimée qu'une nuit,
qu'une vie
tout le temps d'un sortilège honni
d'une cabale contre l'en vie

son jus nourrit mieux que le suc des dieux
elle endort, fine et subtile comme la brume
ses phrases claires au crépuscule de mon coeur
sifflaient comme les sirènes dans l'écume
mon écume, mon malheur
ce n'était pas très sérieux

je l'ai prise à la gorge
je l'ai étouffée scrupuleusement
en pensant à Vous,
criant qu'on ne peut aimer 'cela'
ce viol de la colonne
je l'ai butée
écrasée
soufflée hors de mon arbre

je me suis réveillé
serein, dangereux
passionné
elle a fui sans pleurer au matin
sans demander ni son reste, ni ma main.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Digitus-Impudicus / le blog d'Ignatius
  • Digitus-Impudicus / le blog d'Ignatius
  • : Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
  • Contact

AU MENU

- Roman :    A la Connaissance de tous, Mordred le Mort-Né

 

- Nouvelles :    Table des matières

 

- Sélection de poésies :   Faites-en ce que vous pouvez

 

- Poésie (Toutes) :    Ce qu'il ne faut pas dire

 

-  Articles humoristiques : A voir en Archives, ou en liste complète d'articles

 

- Cohues : Webzine gratuit de nouvelles et poésies

Recherche

Ce qu'il ne faut pas dire

 

Taisons-le.

 

D'émaux d'où

 

Pot pourrissant et Belles Choses

 

A crever la Fortune

 

Cinq doigts itinérants

 

Sous la pluie, les mauvais sentiments

 

Image sourde

 

Des versets, des averses

 

Pizzicato sur les ligaments

 

Poèmes éhontés

 

Le mal ceint

 

Malheurs Classiques et bonheurs renouvelables

 

Motus et doigts décousus

 

Les raisons de ma colère

 

A garder pour soi

 

Regardons-la tomber en silence

 

Reflux de silence

 

A voix basse

 

Aveux impossibles et deux sonnets

 

Organes à étaler

 

Gardons-le pour nous

 

Poisson moisi

 

Cause organique du Mystère

 

Cinq points de suture

 

Mots qui ne trouvent pas l'oreille

 

Face à l'abreuvoir de lumière fade

 

Chemin de l'Affreux Paradis

 

Devant l'ombre de la Perfection

 

Sous peine d'en avoir

 

Joie sans cause

 

Montagne et décadence

 

Six pièces en forme d'échecs

 

Trois fois rien

 

Un sonnet, un hommage et une merde

 

Crépuscule et feedback

 

Deux raisons de vivre

 

Tous comptes rendus

 

Papa et maman ont baisé (sans raison apparente)

 

Manifeste foutatif suivi de trois documentaires

 

Triple effort de guerre

 

A penser à part soi

 

Coming out

 

Apocalypse

 

Hécatombe de regards sous la lune invisible

 

Humains, trop humains

 

Paroles dominicales

 

Renaissance quotidienne

 

Une vie de merde

 

Interrogatoire des âmes

 

Trinité d'une finalité

 

Luttes intestines

 

Effroi lancinant du bien-être

 

Elégance

 

Aller-retour

 

Aveux spontanés

 

Balade immobile dans Babylone

 

Epure

 

Des vies seconde

 

Bluette cuisante

 

CyberLove

 

Réponse à Houellebecq, et à d'autres

 

Les phrases

 

Eau de vie

 

Rupture

 

Ex perfecto nihil fit

 

De petites histoires

 

Eternité

 

Mais la lune...

 

Dépouille

 

Sonnets fantaisistes

 

Deux poèmes métaphysiques

 

Souvenir du présent

 

Grave Bêtise

 

Scénettes ferrovières

 

Oreille cherche musique

 

Simple comme une rivière (triplement sonné)

 

Miroir maritime

 

Concert sans fin

 

Je suis Madame Bovary

 

Buvez-moi (6 intros et 7 sonnets)

 

Vous

 

L'étoile des toilettes

 

Retour de boîte

 

Hommages

 

Le diable, le ciel et les hommes

 

Beauté des échecs

 

La nuit n'en a jamais fini

 

Un matin, une journée, une nuit, une vie, enveloppés d'une malédiction

 

Chansonnette, plus un machin

 

Des minutes, des myriades

 

Voyez ce violon

 

Après

 

1

 

Découverte des astres

 

Cent matins

 

Dissertation

 

L'émoi c'est toi

 

Demi-poème

 

Supplique

 

Tarentelle d'Avignon

 

La belle hécatombe (miroir maritime II)

 

La bande du Big Bang

 

Duende

 

Strange fruit

 

Soumission

 

Nos agapes

 

Tentative de cosmogonie

 

Lourd et léger

 

Hija de punta

 

Ca va, ça va, ça va aller

 

Love letter

 

Looking fort he next rain

 

Partition poétique pour Gnossienne n°1

 

Home sweet home

 

Sonnet sépulture (mignonne)

 

El murmullo silencioso

 

Tentative de Tristesse

 

Las huellas sutiles

 

Partition poétique pour Gnossienne n°4

 

365 jours à regarder des photos

 

Toujours les mêmes...

 

Hommage à I.D

 

Etude n° 827

 

Inquitétude contemporaine sans Dieu

 

L'éphémère

 

Ainsi soit-il

 

Quelques minutes de bonheur

 

Hyperalgie de l'âme

 

window on your world

 

Je suis un constructeur de voitures

 

La marche pathétique

 

Derniers vers

 

Post-apocalypse

 

Saints-Sacrements

 

Particules

 

Combat perpétuel...

 

Une belle journée

 

Goutte dans l'océan

 

Passé, présent, futur...

 

Nous

 

Scène de 18h00

 

Long temps

 

PIOU PIOU

 

Dans la poussière

 

Aucun

 

La victoire ou la mort!

 

En un combat douteux

 

Vagabondage mélancolique

 

Hygiène de la solitude

 

Méthode pour un optimisme réaliste

 

Pile et face

 

Roulez, jeunesses

 

Bilan

 

La belle au béton dormant

 

Vision

 

Tout est parfait...

 

Comme toujours, comme souvent

 

Les amants de Maldoror

 

Zeus révélé

 

Face aux abysses

 

Dilution nocturne

 

...

 

Jadis, j'ai essayé

 

Douleur du retour

 

Echec

 

Prose du mécréant

 

Eros et thanatos?

 

Au-dedans

 

Rencontre solitaire

 

Ad libitum

 

en tous cas

 

Un soir entre potes

 

Romance

 

A hurler dans la foule

 

Je crains de tout détruire dans un accès de lucidité

 

Il le fallait

 

De l'inconvénient de se réveiller

 

Le jour est monté

 

Décalage vers le froid

 

Quarantaine

 

Au-dehors, en-dedans

 

Le mal des aurores

 

Western

 

Ici et là-bas

 

Considérations peu utiles

 

Papillote amère

 

Tragédie avec fin heureuse envisageable

 

Les consolantes

 

Nocturne Eden

 

Parenthèse

 

Iles

 

Je ne sais plus rien

 

Bêtise

 

Arrose l'orage

 

Idéal

 

Eternel retour

 

Circuit fermé

 

Nuit de bitume

 

Et tu l'as injuriée?

 


Jeuxplus

jeux