Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Ah! qu'ils viennent, mes derniers vers
et quoi que j'y mette
fleurs bleues, liqueur verte
rêves d'autres enfers
ils m'auront lavé je crois
par la lumière fichue des étoiles meurtries
des pierres légères, météorites vidées
ou des idées éclatées comme des bourgeons malsains
aussi sale qu'un charnier de Lybie
ils m'auront lavé je crois
si j'y distille mes trahisons dans l'urine
mes abandons quand le ciel inflige
aux aurores exhibitionnistes ses obscures vérités
et tout ce qui me chagrine
ils m'auront lavé je crois
mes derniers vers, dernières lubies
les craquements rouges de mon corps
bientôt occi par la nudité qui me dévore
avant de m'allonger sous les lunes enfuies
devenu blanc, amorphe filandre
sans haine au-dedans, sans amour
quand je n'aurai plus rien à rendre
ma langue ignorée du roi-vautour
ah! qu'ils viennent, qu'ils viennent
mes derniers vers, me ronger
mon esprit bleu-vert
quoi qu'il advienne
rêvant à d'autres enfers
sur un sable étranger
sous les astres froids
ils m'auront lavé, enfin je crois.