Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
A dire pourquoi
je sais pas
le réel enfle comme ce gros nuage
se tortille sombre
le bleu en noir
toutes les teintes déclinent
les fleurs vont encore ramasser
sur leur gueule jolie
des pétales qui s'étalent
regarde les chiens courir
A dire vrai
je sais pas pourquoi
ces fils informes
tombent du ciel outré
tout ça est très... vivant
plein d'expressions
nature émotive
on communie seul derrière la vitre
en pensant, en pensant
que Turner a fait de beaux tableaux
A se dire, vraiment
sans comprendre
qu'il faudrait s'arracher la peau
et l'étendre à la fenêtre
qu'on se gorge de sentiments
peut-être
les sons reviennent en cliquetis
cloqués empaquetés
oh tout ça est si... vivant
les gens écoutent emmurés
On dirait, on dirait
sans être sûr
que tout est en tôle
chant de mitraillette
la guerre à nos portes
et les barreaux éclatent
faudrait sortir, s'échapper
and run run under the rain
ah filer à l'anglaise
voir les pierres et leurs reflets
On dirait
qu'on est tous marins
océan renversé
les rues ondulent
nos yeux divaguent
on dirait
qu'on est tous gamins
et enfin
libérés de l'emprise
trop sèche, que tout s'irise
on dirait
un film, une scène
singing in the rain
on sait pas pourquoi
mais c'est à ce moment-là.