Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Je vous ai vus dans une rue
des appartements, au bout de ma bouche
de mes yeux, nous nous sommes touchés
rappelez-vous
c'était nous, ou bien d'autres
des éclairs tempêtaient
les arabesques de l'air laissaient croire en de possibles
symphonies
nous nous sommes effleurés
dégoûtés, amusés, divertis
du bout des doigts parfois jusque dans le sexe
à pleines mains!
et même, compris
bouche à bouche, contaminés le temps d'une révolution
mais
...
je ne vous ai pas aimés.
Je ne vous ai pas aimés.
Pourtant, j'aime.
J'aime le violon, Beethoven, la peinture, la poésie, les sushis
et quelques émissions télé
j'aime la pluie tintamarre sur le béton
la luminescence solaire de la lune livide
la furie, les voluptés
la mélancolie, la mer noire et glacée
attendre un train
regarder à la fenêtre
les tragédies grecques
mais,
Vous!
pourquoi ne puis-je pas vous aimer?