Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Scène d'extase
Une toute petite histoire
insensée
au milieu d'un milliard
pourquoi la tienne
pourquoi la mienne
pourquoi nos yeux s'insèrent
dans cette surenchère
bleu vert marron, rouge sur les bords
en éclairs incandescents
un pied sur le monde, le coeur en dedans
parmi tous ces morts
parmi tous ces braves gens
je n'ai rien compris à la mécanique
des corps et des émotions.
Un souffle solaire soulève tes cheveux
nous sommes sur l'herbe verte
qui nous chatouille un peu
amour? c'est bien toi, c'est bien ça?
j'ai peur d'être inerte
traversé d'informes envies de môme tout-puissant
mon costume est ambitieux et tes doigts rassurants
il vaudrait mieux mourir là
creusés par un bonheur transitoire.
Toutes ces choses qui ont oublié d'exister
emplissent un vide suffocant
l'île en face se fait grignoter par la lumière
comme notre pouvoir limité
sourire pudique, intense sous-entendu
quelque chose est beau
confusément, une immanence probable tout autour
je sens mon corps négligeable et un peu lourd
pour l'esprit, j'ai de sérieux doutes
mais on fait avec ça
une toute petite histoire insensée
au milieu d'un milliard.
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Imprécise escalade
C'est le temps des sacrifices
la lune est un point de sang
au milieu des anges absents,
en nous des rouages crissent
Nous entendons les cris des fantomes insistants
que nous avons nourris d'une chair impalpable
ils taraudent l'intérieur, l'intérieur insondable
de glace et de chaleur annulées en pleurant
Bien sûr que nous avons peur
nos petits organes se terrent
ah savourer les mystères
sans en perdre le meilleur...
La lune est tout en sang, amas coagulé
un peu sec, défraîchi, on ne peut pas compter
sur les anges absents qui traversent le ciel
ils sont anéantis et nous n'avons pas d'ailes.
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En chien défaillance
La fin rigole
la faim s'écoule en écume acide
sur le ventre mou de nos désirs humains
et le caniveau nous voit passer
marcher
rigoler
imperturbable pavé à peine déformé par le temps
Il y en a de bien plus malheureux
leur fin s'esclaffe en salivant
la faim les écroule
ruines de chair un peu molle
comparable à la nôtre
ils vont sur les mêmes pavés
mais trimballent d'autres souvenirs
Nous nous entrecroisons
l'ombre de leur fin plane sur nos pas
leur faim
de sexe, de pommes, de chaleur, de jambes pour tenir droit
creuse la brèche
aménage un espace
difficile à colmater.