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Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

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Hécatombe de regards sous la lune invisible

 

 

  Scène d'extase

 

  Une toute petite histoire
insensée
au milieu d'un milliard
pourquoi la tienne
pourquoi la mienne
pourquoi nos yeux s'insèrent
dans cette surenchère
bleu vert marron, rouge sur les bords
en éclairs incandescents
un pied sur le monde, le coeur en dedans
parmi tous ces morts
parmi tous ces braves gens
je n'ai rien compris à la mécanique
des corps et des émotions.
Un souffle solaire soulève tes cheveux
nous sommes sur l'herbe verte
qui nous chatouille un peu
amour? c'est bien toi, c'est bien ça?
j'ai peur d'être inerte
traversé d'informes envies de môme tout-puissant
mon costume est ambitieux et tes doigts rassurants
il vaudrait mieux mourir là
creusés par un bonheur transitoire.
Toutes ces choses qui ont oublié d'exister
emplissent un vide suffocant
l'île en face se fait grignoter par la lumière
comme notre pouvoir limité
sourire pudique, intense sous-entendu
quelque chose est beau
confusément, une immanence probable tout autour
je sens mon corps négligeable et un peu lourd
pour l'esprit, j'ai de sérieux doutes
mais on fait avec ça
une toute petite histoire insensée
au milieu d'un milliard.

 

______________________________________________________

 

  Imprécise escalade

 

  C'est le temps des sacrifices
la lune est un point de sang
au milieu des anges absents,
en nous des rouages crissent

  Nous entendons les cris des fantomes insistants
que nous avons nourris d'une chair impalpable
ils taraudent l'intérieur, l'intérieur insondable
de glace et de chaleur annulées en pleurant

  Bien sûr que nous avons peur
nos petits organes se terrent
ah savourer les mystères
sans en perdre le meilleur...

  La lune est tout en sang, amas coagulé
un peu sec, défraîchi, on ne peut pas compter
sur les anges absents qui traversent le ciel
ils sont anéantis et nous n'avons pas d'ailes.

 

_______________________________________________________

 

  En chien défaillance

  La fin rigole
la faim s'écoule en écume acide
sur le ventre mou de nos désirs humains
et le caniveau nous voit passer
marcher
rigoler
imperturbable pavé à peine déformé par le temps

  Il y en a de bien plus malheureux
leur fin s'esclaffe en salivant
la faim les écroule
ruines de chair un peu molle
comparable à la nôtre
ils vont sur les mêmes pavés
mais trimballent d'autres souvenirs

  Nous nous entrecroisons
l'ombre de leur fin plane sur nos pas
leur faim
de sexe, de pommes, de chaleur, de jambes pour tenir droit
creuse la brèche
aménage un espace
difficile à colmater.

 

 

 

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E
<br /> Ta lucidité fait froid dans le dos ! (Au sujet des deux derniers)<br /> J'en reste au premier. :-))<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> <br /> J'essaie d'être l'écho du glissement inaudible d'un glaçon dans le dos, c'est vrai. Reste donc où tu te sens le mieux. Belle journée à toi.<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> Un moment d'extase, pour mieux prendre les autres en plein estomac? J'aime les trois. Tu sais dire la noirceur, et d'autres choses. Tant mieux.<br /> Ronron.<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> <br /> Sourire. Merci, belle journée à toi, belles contemplations<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> J'ai lu le premier poème : sensible, très sensible... Ca t'arrive d'être romantique ? Tout n'est pas perdu alors ? :-))<br /> " Il vaudrait mieux mourir là<br /> creusés par un bonheur transitoire<br /> ....<br /> <br /> L'île en face se fait grignoter par la lumière"<br /> <br /> Très beau . Je reviens demain.:-))<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> <br /> Même pas honte d'abord. En plus je t'ai dit il y a plusieurs semaines que j'avais un côté romantique assez prononcé (plus flagrant dans mes premières pages de poèmes, ça c'est possible); tout<br /> dépend jusqu'où on considère que va le romantisme, à titre d'exemple, je trouve Lautréamont romantique : "je cherchais une âme qui me ressemblât"...<br /> <br /> <br /> <br />