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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 13:26

 

  Face à face

 

  Je vous connais.
Vous êtes comme tous les autres
acides aminés et sunday caramel
avec des éclats de bonté
nous sommes sensiblement pareils
pour ce qui est de la pestilence
de la crasse et des saloperies
orgasmes et cerumen
peut-être avons-nous les mêmes penchants
télévisuels
les mêmes angoisses abdominales
de se voir tout gonflés et puis
de ne plus se voir du tout.

  Je vous connais
vous êtes abominables dans la joie
au bord des fleuves et des rivières qui emportent au loin
nos meurtres silencieux
filtrés par les frondaisons
vous êtes frémissants et humains
quand la peine vous assiège
au bas de l'échelle de l'évolution
quand votre beauté se désagrège
et découvre le squelettique engin
qui porte nos haillons de vécu;
entre l'os et le crépi
nous sommes écorchés et nus.

 

______________________________________________________

 

  Le trésor

 

  Poêle seule, sèche, souvenir
qui trône sur mon radiateur
sculpture ready-made
fossile de repas

  Hier soir, poulet, champignons
grains de raisin et échalotte
sacrifiés en holocauste
donnaient le meilleur

  Aujourd'hui même l'odeur a disparu
reste un cimetierre vaguement
artistique, des emballages
plastiques disséminés

  La création n'a plus rien de magique
elle fuit maintenant dans un dédale
de cuivre et de plomb,
informe et sombre

  Ainsi va la vie, ainsi part l'argent
nos oeuvres les plus concrètes
en merdes orphelines nagent
dans un oubli complet

  J'observe d'un oeil nostalgique
cette poêle seule et triste
vide, sèche, oubliée
sur mon radiateur

  En buvant mon café italien
face aux toits luisants
je sais que bientôt
j'irai le pisser.

 

______________________________________________

 

  Deux folies étudiées de près

 

  I

 

  Je dois te prévenir de mes sales intentions
Dans les rues tant de monstres et nous que sommes-nous?
Des êtres si parfaits que nous devenons fous
Nos peaux, terreau de mort sont pourries de pulsions

  Nous étions les baroques enfuis dans le présent
Roi, Reine, schizophrènes, magicien, magicienne
Le réél comptait peu: chimères et sirènes
Dansaient à nos côtés excitées par nos chants.

  Malfaisants et plus noirs que le fiel du trottoir
Ne nous reste que ça, alors batifolons
Comme deux cherubins retournés aux enfers

  Nos ailes arrachées, jetées dans le fumoir
Monteront dans les cieux en crachats de charbon
Sur la douce musique du vent dans tes artères.


  II

  J'ai osé t'insulter? moi? le Casanova
réincarné? Putain! maudire une femelle?
lui gueuler "sale Juive"!? à toi, ma salmonelle!
Salomon outrageant la reine de Sabbat!

  C'est plutôt savoureux mais un peu délirant
et pas du tout cacher point de vue de l'esprit,
ça il t'en reste foutre! et j'en ai du dépit
c'est un gouffre de nuit qui t'appelle en riant

  La gravité est dure, cette loi est sans coeur
elle traine ta peau au dernier des parterres
malgré tous tes liftings et tes gloires d'antan

  Cervelle rançonnée et sourires de raideur
le Botox est entré, voyant une lumière
dans les creux de ce crâne qu'il a rendu dément.

 

______________________________________________

 

  Dernière nuit avec ma grand-mère

 

  je suis avec ma grand-mère
elle se découpe les doigts
avec un petit canif
ou s'arrache les ongles

elle va dans la cuisine
et dans le four brûlant
attrape les resistances
comme des serpents inoffensifs

ma grand-mère n'a aucune douleur
elle est par-delà les enfers
en furie froide et décidée
sûrement elle veut mourir

mourir vraiment et plus dépérir
elle veut s'immoler
et moi, en sueur
je vois tout ça

partout où est le danger
elle fonce, se jette
son énergie vient du diable
impossible de la raisonner

ses doigts sont tout noirs
calcinés, fins comme l'horreur
elle s'assied de nouveau
et s'auto-mutile encore

sous mes yeux impuissants
je crie à l'aide
des gens débarquent
grand public pour grand spectacle.

 

 

 

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Published by ignatius
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commentaires

Nounedeb 31/03/2011 13:06


J'ai oublié de signer: Ignaria (quand, même, je connais le féminin latin...) Bon ap. Ne laisse pas brûler la poêle aux radiations.


ignatius 01/04/2011 10:44



Hi hi, tu es géniale!



Nounedeb 31/03/2011 12:58


Ce sont les deux premiers que je préfère.... Schopenhauer, je connais de nom...
Et ron et ron.


ignatius 31/03/2011 22:22



Je suis trop fort: je l'ai à côté de moi (à moins de deux mètres), et j'arrive à mal placer son "h". Trop fort donc. rire.



Nounedeb 31/03/2011 10:58


La chair est moche.
Ne lui accorder nul plaisir.
Provoc. Provoc?
L'outrance se noierait dans son outrance même?


ignatius 31/03/2011 11:20



Et voilà, je me doutais "on" ne retiendra que le sonnet II, qui n'est qu'une bouffonnerie. Les deux premiers textes me semblent plus intéressants, et pour le coup pas du tout outranciers. Mais
pour te répondre: sûrement que l'outrance se noie dans l'outrance, car l'outrance est un trou noir, peu de choses en réchappent, pourtant "on" la vit et "on" la voit à tous bouts de champs, donc
je me sens obligé de la partager avec vous...


"La chair est moche"...? je ne sais pas. Je ne veux pas faire mon Schopenhauer et dénigrer l'enveloppe de notre cervelle. Par contre la chair est souvent prétentieuse, obsédante et un peu
risible.


Belle journée Nounedeb!



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