Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 15:55

 

  Ode

 

  Ils étaient morts
dans leur charpie géniale
au temps +1, sous mon regard animal
ils pourrissaient dans un chouette décor

  Les pins indifférents avaient saisi leurs os
et les ficelaient en multiples arabesques
ces araignées un peu grotesques
suçotaient leur cadeau

  Tout continuait
son expension, le dur béton
l'océan dilaté, les champs de maïs blond
une croissance inlassable continuait de régner

  Je n'étais pas triste
jamais mon corps ne trembla
au coeur de la nature égoïste
je ne hurlais même pas

  Ils étaient morts
tous
les bons, les méchants,
les grands auteurs, les plus modestes
les architectes, les commerçants
les vélocyclistes, les flics
mes parents, les géants, les petits
les monstres et les saints
en un fabuleux tumulus
nourrissaient la chair terrestre
peut-être était-ce mieux ainsi?

  Et Dieu me dit:

  "En tous cas,
inutile d'en faire un poème."

 

__________________________________________________

 

  Pshit

 

  Je vous les laisse
les lignes infinies qui perdent le ciel
les pensées frissonnantes qui donnent au corps
cette sensation d'être
pour quelque chose dans le devenir
de notre volonté blablabla
l'exultation
orgasmes et génies perforants
je vous les laisse
à votre bon coeur, votre bon usage
du cac 40 ou des dépensiers
usez-en selon votre bon vouloir, votre bonne soumission
à vous de voir

  Je garde ma bite
on ne sait jamais
des fois que dans un avenir proche
la terre me paraisse vide, que sur sa croûte
les chiens me semblent trop seuls à profiter du vent
que sous le ciel
les poissons y crèvent, solitaires
alors je ferai un ou deux mutants, des hydrocéphales
avec de bien gros yeux
pour globuler envieusement sur ce qui reste:
quelques ruines où des plantent serpenteront

  Je garde aussi
ma rage stupide et aveugle
des fois qu'un con s'amène
agressif ou mouillant
je saurai quoi faire.

  Mon inaptitude à écrire ce que j'ai sur le coeur
je la conserve, égoïstement
j'en ferai des confetti
sentimentaux
que vous comparerez aux vôtres
toutes nos poussières de pleurs constituées
bourgeoises matières qu'on retient au chaud
de l'incommunicabilité
foutre et postillons, crachins glavioteux et cervicaux!
cela sort bien de nos orifices
de nos offices
sans parole

  Pas de bol!
la rime est apparue
pour envelopper la mystique misère
et puis elle est partie, avec la métrique
pshit!

 

___________________________________________________

 

  Squelette désargenté

  Poil de vent sur mon crâne (idiot)
mort du temps dans mon âme (expulsée)
Et le vent et le temps et la mort
en paquet triple et bien noué
frétillent en reptiles désagrégés

  C'est ma pensée qui se tord
en suivant le craquement des volets (dehors)
ni mes ailes gluantes mouchetées
ni ma gueule impuissante, chienne,
ne forment un corps parfait (c'est parfait!)

  Alors le sort, turbide, le destin flacide
serpentent bien en rigolant de mes cheveux expulsés au vent
je suis la chimère sèche donnée au zéphir
aux sacrifices sans dieux concrets
pour une tâche absurde; mon sang est vif.

 

____________________________________________________

 

  Inutile étandard

  A poil, un peu de muscle sous la carne
j'ai préparé mon corps pour la guerre
en fait je suis à l'écart, derrière une lucarne
mon futur se prélasse sous un soleil d'hiver
 
  Ridicule, autant que l'essentiel de mes frères
j'arbore un panache, qu'on peu trouver obscène
et moi très lâche de ne pas user de ma haine
pour contribuer au déroulement des affaires

  Je n'ai pas véritablement renoncé
à accepter ma part héritée du drame
mais je dois lui trouver trop de charme
et il me suffit souvent de contempler

  Pourtant les duels
la marche du feu
le sang sempiternel
excitent mes yeux

  Oui, je m'en sens vivant
dans notre temps visqueux
un court instant
je me suis crû capable de bien mieux

  Porter le drapeau
d'ossements et de joies
définir les cibles, l'enjeu
d'un geste, faire fuir les faux rois

  je m'étais préparé pour une guerre
en négligeant les risques d'une paix sournoise.

____________________________________________________

 

  Thématique foireuse de la réciprocité

  Les périphériques sans fil explosent de notre carcasse
pour le bonheur
de mêler notre sang au gloubi boulga planétaire, corsaires!
de mers à l'horizon flou
qui titillent les globes spongieux
qu'on nous a fichés au milieu du coeur

  J'ai huit amis
une m'a supprimé pour une histoire de débardeur
je pensais les marins plus sérieux
plus techniques, mais je fais peu d'effort c'est vrai
pour correspondre aux critères
de l'amour ou de la haine, je ne prive personne de son libre-arbitre!

  La mode est à l'immolation, pour la masse
au sacrifice d'un corps si peu notable
quand il n'est pas revêtu de Prada
les preuves s'entassent, ô devenir misérable!
je me souviens auparavant que derrière les murailles
les grands avaient des notions stables.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article

commentaires

el duende 05/02/2011 09:42


J'aime particulièrement la strophe :
Tout continuait son expansion....
C'est ce genre de vision qu'a eu Neruda dans la première partie (grandiose) du "Canto general", quand il décrit "a contrario" la naissance du continent Sud-américain.


ignatius 06/02/2011 11:26



"Dans la fertilité, le temps croissait". Décidément il faut que je me le trouve en espagnol!!



Nounedeb 04/02/2011 17:42


Salut! J'aime ces poèmes.


ignatius 04/02/2011 17:54



Sourire, sincère. Jette un oeil aux poésies de Bukowski à l'occasion, tu me diras ce que tu en penses... Au plaisir



Présentation

  • : Digitus-Impudicus / le blog d'Ignatius
  • Digitus-Impudicus / le blog d'Ignatius
  • : Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
  • Contact

AU MENU

- Roman :    A la Connaissance de tous, Mordred le Mort-Né

 

- Nouvelles :    Table des matières

 

- Sélection de poésies :   Faites-en ce que vous pouvez

 

- Poésie (Toutes) :    Ce qu'il ne faut pas dire

 

-  Articles humoristiques : A voir en Archives, ou en liste complète d'articles

 

- Cohues : Webzine gratuit de nouvelles et poésies

Recherche

Ce qu'il ne faut pas dire

 

Taisons-le.

 

D'émaux d'où

 

Pot pourrissant et Belles Choses

 

A crever la Fortune

 

Cinq doigts itinérants

 

Sous la pluie, les mauvais sentiments

 

Image sourde

 

Des versets, des averses

 

Pizzicato sur les ligaments

 

Poèmes éhontés

 

Le mal ceint

 

Malheurs Classiques et bonheurs renouvelables

 

Motus et doigts décousus

 

Les raisons de ma colère

 

A garder pour soi

 

Regardons-la tomber en silence

 

Reflux de silence

 

A voix basse

 

Aveux impossibles et deux sonnets

 

Organes à étaler

 

Gardons-le pour nous

 

Poisson moisi

 

Cause organique du Mystère

 

Cinq points de suture

 

Mots qui ne trouvent pas l'oreille

 

Face à l'abreuvoir de lumière fade

 

Chemin de l'Affreux Paradis

 

Devant l'ombre de la Perfection

 

Sous peine d'en avoir

 

Joie sans cause

 

Montagne et décadence

 

Six pièces en forme d'échecs

 

Trois fois rien

 

Un sonnet, un hommage et une merde

 

Crépuscule et feedback

 

Deux raisons de vivre

 

Tous comptes rendus

 

Papa et maman ont baisé (sans raison apparente)

 

Manifeste foutatif suivi de trois documentaires

 

Triple effort de guerre

 

A penser à part soi

 

Coming out

 

Apocalypse

 

Hécatombe de regards sous la lune invisible

 

Humains, trop humains

 

Paroles dominicales

 

Renaissance quotidienne

 

Une vie de merde

 

Interrogatoire des âmes

 

Trinité d'une finalité

 

Luttes intestines

 

Effroi lancinant du bien-être

 

Elégance

 

Aller-retour

 

Aveux spontanés

 

Balade immobile dans Babylone

 

Epure

 

Des vies seconde

 

Bluette cuisante

 

CyberLove

 

Réponse à Houellebecq, et à d'autres

 

Les phrases

 

Eau de vie

 

Rupture

 

Ex perfecto nihil fit

 

De petites histoires

 

Eternité

 

Mais la lune...

 

Dépouille

 

Sonnets fantaisistes

 

Deux poèmes métaphysiques

 

Souvenir du présent

 

Grave Bêtise

 

Scénettes ferrovières

 

Oreille cherche musique

 

Simple comme une rivière (triplement sonné)

 

Miroir maritime

 

Concert sans fin

 

Je suis Madame Bovary

 

Buvez-moi (6 intros et 7 sonnets)

 

Vous

 

L'étoile des toilettes

 

Retour de boîte

 

Hommages

 

Le diable, le ciel et les hommes

 

Beauté des échecs

 

La nuit n'en a jamais fini

 

Un matin, une journée, une nuit, une vie, enveloppés d'une malédiction

 

Chansonnette, plus un machin

 

Des minutes, des myriades

 

Voyez ce violon

 

Après

 

1

 

Découverte des astres

 

Cent matins

 

Dissertation

 

L'émoi c'est toi

 

Demi-poème

 

Supplique

 

Tarentelle d'Avignon

 

La belle hécatombe (miroir maritime II)

 

La bande du Big Bang

 

Duende

 

Strange fruit

 

Soumission

 

Nos agapes

 

Tentative de cosmogonie

 

Lourd et léger

 

Hija de punta

 

Ca va, ça va, ça va aller

 

Love letter

 

Looking fort he next rain

 

Partition poétique pour Gnossienne n°1

 

Home sweet home

 

Sonnet sépulture (mignonne)

 

El murmullo silencioso

 

Tentative de Tristesse

 

Las huellas sutiles

 

Partition poétique pour Gnossienne n°4

 

365 jours à regarder des photos

 

Toujours les mêmes...

 

Hommage à I.D

 

Etude n° 827

 

Inquitétude contemporaine sans Dieu

 

L'éphémère

 

Ainsi soit-il

 

Quelques minutes de bonheur

 

Hyperalgie de l'âme

 

window on your world

 

Je suis un constructeur de voitures

 

La marche pathétique

 

Derniers vers

 

Post-apocalypse

 

Saints-Sacrements

 

Particules

 

Combat perpétuel...

 

Une belle journée

 

Goutte dans l'océan

 

Passé, présent, futur...

 

Nous

 

Scène de 18h00

 

Long temps

 

PIOU PIOU

 

Dans la poussière

 

Aucun

 

La victoire ou la mort!

 

En un combat douteux

 

Vagabondage mélancolique

 

Hygiène de la solitude

 

Méthode pour un optimisme réaliste

 

Pile et face

 

Roulez, jeunesses

 

Bilan

 

La belle au béton dormant

 

Vision

 

Tout est parfait...

 

Comme toujours, comme souvent

 

Les amants de Maldoror

 

Zeus révélé

 

Face aux abysses

 

Dilution nocturne

 

...

 

Jadis, j'ai essayé

 

Douleur du retour

 

Echec

 

Prose du mécréant

 

Eros et thanatos?

 

Au-dedans

 

Rencontre solitaire

 

Ad libitum

 

en tous cas

 

Un soir entre potes

 

Romance

 

A hurler dans la foule

 

Je crains de tout détruire dans un accès de lucidité

 

Il le fallait

 

De l'inconvénient de se réveiller

 

Le jour est monté

 

Décalage vers le froid

 

Quarantaine

 

Au-dehors, en-dedans

 

Le mal des aurores

 

Western

 

Ici et là-bas

 

Considérations peu utiles

 

Papillote amère

 

Tragédie avec fin heureuse envisageable

 

Les consolantes

 

Nocturne Eden

 

Parenthèse

 

Iles

 

Je ne sais plus rien

 

Bêtise

 

Arrose l'orage

 

Idéal

 

Eternel retour

 

Circuit fermé

 

Nuit de bitume

 

Et tu l'as injuriée?

 


Jeuxplus

jeux