Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Le poète est celui qui sait le poids des ombres
et qui connait les lois, et qui regarde ailleurs
le poète boit, il fume, c'est parfois un baiseur
de la vie tout entière, et dieu compte les nombres.
Danseur léopardien, mon âme est carnivore
elle croit que tout est viande, y compris le béton
qu'on peut trouver dégueu, reclus dans son salon
quand il n'y a personne c'est soi que l'on dévore.
Le poète est un con aux dents lyophilisées
et le vieil océan est sa femme nymphomane
offerte aux yeux de tous mais que nul ne profane
il est vague sur les flots, reflet, soleil brisé.
Oui, le corps est la preuve, le liant entre nous:
je peux manger ma peau, son goût est métallique
pourtant le pessimisme est un orgueil critique,
bien des choses nous échappent: la cervelle est un trou.
Le poète est absurde et l'univers mystère
une insatisfaction rugit dans notre ciel
mais le silence qui suit, ce silence est mortel,
le zénith fil à plomb sape, écrase et enterre.
Moi je n'ai rien compris, hormis que tout est poudre
une poussière au vent, le souffle sur nos gueules,
les oiseaux sont stupides, et leur chant nous esseule;
les plus belles équations ne sont pas à résoudre.