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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:26

 

 

  Le poète est celui qui sait le poids des ombres
et qui connait les lois, et qui regarde ailleurs
le poète boit, il fume, c'est parfois un baiseur
de la vie tout entière, et dieu compte les nombres.

  Danseur léopardien, mon âme est carnivore
elle croit que tout est viande, y compris le béton
qu'on peut trouver dégueu, reclus dans son salon
quand il n'y a personne c'est soi que l'on dévore.

  Le poète est un con aux dents lyophilisées
et le vieil océan est sa femme nymphomane
offerte aux yeux de tous mais que nul ne profane
il est vague sur les flots, reflet, soleil brisé.

  Oui, le corps est la preuve, le liant entre nous:
je peux manger ma peau, son goût est métallique
pourtant le pessimisme est un orgueil critique,
bien des choses nous échappent: la cervelle est un trou.

  Le poète est absurde et l'univers mystère
une insatisfaction rugit dans notre ciel
mais le silence qui suit, ce silence est mortel,
le zénith fil à plomb sape, écrase et enterre.

  Moi je n'ai rien compris, hormis que tout est poudre
une poussière au vent, le souffle sur nos gueules,
les oiseaux sont stupides, et leur chant nous esseule;
les plus belles équations ne sont pas à résoudre.

 

 

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Published by ignatius
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commentaires

Langda 11/10/2011 13:18


Salut Ignatius ! Voilà, j'ai lu et un peu médité Séjour-club et ta réponse.
J'aime beaucoup le style de Houellebecq, et surtout parce que ça me parait être un total foutage de gueule. Il a l'air de dire quelque chose de vaguement sérieux : l'ennui, le côté décalé, HS du
poète dans le monde... Mais on dirait qu'il se moque surtout des lieux communs des "poèmes sur les poètes". Il essaie peut-être de créer une figure du poète blasé, en rabaissant les lieux communs,
le poète universel, maître des éléments, image de son époque, albatros paumé... à la banalité d'un bourgeois en vacances.
Je ne sais pas si je vois juste, et si tu l'as lu comme ça, mais ta réponse à l'air de reprendre certains de ces points... Et d'osciller entre un poète extraordinaire et un poète "gars
ordinaire"... C'est la grande question des poèmes sur les poètes (voyant, ou simple artisan ?).
Séjour-club me semble implicitement assez tranché (ni l'un ni l'autre, le poète est juste un naze), tandis que ta réponse a l'air de dire les deux (les trois? ou bien voyant et loser qui n'y voit
rien ?) à la fois.
Si c'est ça (pardon si je me gourre complètement), je suis d'accord !


ignatius 11/10/2011 14:06



Ton analyse est très pertinente. Il faut savoir qu'apparemment ce poème serait déjà une réponse à Baudelaire (un sonnet où il est question de lutteurs recouverts d'huile). C'est donc un dialogue
de poète à poète, qui regarde le monde, sont au-dedans et en dehors de celui-ci. (Mais) le poète est celui, presque semblable à nous, qui frétille en compagnie des chiens. Houellebecq est donc à
la fois comme nous, et un poète, ou alors il n'est pas un poète, car pour se observer cette condition, il faut s'extraire de ce "rôle", de cette fonction. Artisan ou voyant? bonne question (ou
mauvaise en fait, je ne sais pas bien), une connaissance -plumitive elle-aussi- m'a sorti il y a peu que les plus grands poètes sont des visionnaires. Je sais pas bien, je trouve ça assez con en
fait, ou alors c'est seulement qu'ils voient; peu importe qu'ils voient loin ou à leurs pieds. D'ailleurs "J'aurai passé trois ans au bord de la piscine sans distinguer le corps des estivants" =
Houellebecq est donc un poète qui voit mal (mince j'avais dit que c'était pas un poète en analysant un autre vers. J'aime me contredire), c'est pour ça que je  réponds "la cervelle est un
trou"; la poésie ne peut pas être mathématique. Houellebecq est un poète pessimiste, c'est sur ça que je basais ma réponse: il voit tout par son corps à lui (et il le compare aux autres pour
asseoir sa souffrance, la rendre palpable au lecteur), il se voit en train de souffrir, et de souffrir le monde et c'est très baudelairien, ce vieux Charles se voyait en train de décrire les
choses.


J'ai encore beaucoup d'absinthe dans le sang, je ne sais pas si je suis bien clair. Auquel cas je recommencerai s'il le faut. Bonne journée!



Langda 21/09/2011 09:28


Bon, j'aime beaucoup, mais je n'ai pas encore trouvé la version écrite de Séjour-club pour comparer. En tout cas c'est bien écrit et profond, mystifiant tout en démystifiant. J'ai écrit un "poème
sur les poètes", il commence par "Ecrire des poèmes c'est très narcissique", mais il faut juste faire une recherche avec "narcissique" sur mon blog pour le trouver.


ignatius 21/09/2011 13:27



Ok, je t'enverrai le texte de "Séjour-club", sûrement ce soir, dès que j'ai le temps. Je suis allé voir ton poème sur les poètes, que j'ai trouvé relativement bukowskien dans l'irrévérance, enfin
tu verras, je l'ai commenté... J'ai pas trouvé de lien vers un mail à toi sur ton blog, alors fais m'en parvenir un et je t'envoie le poème de Houellebecq...



Marbrefort 01/08/2011 14:04


C'est de vous?
Bravo!
Vous venez d'écrire le poème que Houellebecq n'écrira jamais et après lequel il a toujours couru,démontrant ainsi à quel point il a raté son oeuvre.
Face à la puissance de vos images,celles de MH révèlent soudain leur pauvreté.


ignatius 01/08/2011 14:16



J'hésite à prendre ce commentaire pour une blague, mais mon égo étant plus fort que ma susceptibilité je vais le prendre au premier degré!


Merci beaucoup. Tous les poèmes de ce blog sont de moi, les mauvais comme les moins mauvais. Sourire. J'ai envie de répondre amplement à votre commentaire.


Je ne sais pas si Houellebecq a toujours couru après un poème comme celui-là. Mon texte est en référence à Séjour-club, qui est lui même une référence à un poème des Fleurs du mal où il est
question de lutteurs qui se recouvrent d'huile. En ce qui me concerne je suis surtout content d'une chose toute simple: avoir réussi à synthétiser dans le 4è quatrain ce qui ME dérange dans la
pensée pessimiste.


Pour ce qui est de Houellebecq, je ne suis pas de votre avis, c'est à mon sens un excellent poète dont l'oeuvre romanesque n'est pas du niveau de ses vers (ni du niveau de son premier roman que
j'aime beaucoup). Sa connaissance des métriques classiques dépasse la mienne de plusieurs années lumière, et l'on retrouve beaucoup de Baudelaire et parfois de Rimbaud dans ses poèmes, avec
l'adjonction évidente de la modernité.


Ceci dit je suis très heureux que ce poème vous parle. Au plaisir de vous lire de nouveau un jour.


ignatius



Nounedeb 30/05/2011 14:19


Le poète est coupable. Dévoile l'indicible.


ignatius 30/05/2011 14:34



ça me fait plaisir de te lire. Je ne crois pas que ce soit la problématique de Houellebecq, du moins lui considère la souffrance de chacun, et bien sûr la sienne, sans parler vraiment de celle
qu'il infligerait à l'autre en tant que poète.



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