Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Communion
Je reviens encore du freak show
des nuits délabrées, sans palabres
c'est bon de ne pas dire un mot
d'être un arbre parmi les arbres
sensible aux tremblements de terre
et arrosé du haut en bas
mon être déposé au vestiaire
mon être et tous ses aléas
Nous étions une forêt débile
hystérique et battue au vent
tribu d'épouvantails futiles
raides, hilares et parfois méchants
des arbres à bite et à nichons
parcourus par la tectonique
d'un dieu obèse et pâlichon
certains avaient l'air transgénique
Je suis l'arbre indien il parait
un peu risible et incongru
comme un totem déraciné
grimaçant et trop chevelu
nous étions la forêt débile
la lumière nous a recrachés
un peu effrayants dans le ville
chacun est parti se cacher.
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La Famille
Les natifs grattent au sol perdu
les débris qu'ils ont cru voir
dans des rêves de nostalgie
une époque non advenue
Ils sont ensemble et tout seuls
amoncelés dans la solitude cafardeuse
de désirs à peine partagés
ils dégustent ce qui sort de leur gueule
Les natifs n'ont jamais eu de patrie
ni la nuque mobile
c'est tout un bazar pour regarder derrière
sans se retrouver flétris
Apatrides et appaisés, parfois
quand viennent les volutes soyeuses
d'une nuit étoilée
ils espèrent être sur la bonne voie
Et la boue, et la gorge nouée
et leurs trous portés au pinacle
ils en remplissent des pelletées
les natifs n'attendent pas de miracle
Ils ne souhaitent que vomir
leur état-civil pour les suivants
laisser un message vivant
l'adresse aux errants de l'empire...
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Règles du jeu (I et II)
I
Après
la crasse retombe
ensablée de fourches molles
Après
je retourne à la poussière
je suis la bombe désintégrée
Le monde se disperse
en pérégrinations lointaines et inutiles
Que j'aime ou que je haïsse
je vois mal la différence
un chimpanzée, une flikette ou un prix Goncourt
bidon d'essence
allumette
cendre
Et le tapis de cendre retombe
schlof
J'ai encore engrossé un ange invisible et fuyant
mais il me laisse ma crasse, le bon
Courage courage courage
qui sait si nous mourrons? on le dit
mais on dit tellement de conneries
ce n'est pas si rassurant.
II
Et je sens le mal
un peu trop lointain
j'ai du mal à ouvrir les main
ce jour est fragile, léthal
J'ai aujourd'hui peu de force
pour mastiquer la chair
une musique perturbe l'air
une guerre peut-être s'amorce
Hier, je faisais peur
à des femmes viriles
ou bien je plais par erreur;
il m'en reste un peu de bile.
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Cocktail
Dans le sang et le sperme
j'ai senti l'infini
un éternel instant
avant de me dissoudre
de nouveau
dans des chairs renaissantes
Dieu ne m'a rien dit
le cosmos respirait en silence
de l'autre côté
des volets mi-clos
peut-être
quelqu'un contemplait
le mélange sacré
hématique
et lactescent.