Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

Publicité

Tous comptes rendus

 

  Communion

 

  Je reviens encore du freak show
des nuits délabrées, sans palabres
c'est bon de ne pas dire un mot
d'être un arbre parmi les arbres

  sensible aux tremblements de terre
et arrosé du haut en bas
mon être déposé au vestiaire
mon être et tous ses aléas

  Nous étions une forêt débile
hystérique et battue au vent
tribu d'épouvantails futiles
raides, hilares et parfois méchants

  des arbres à bite et à nichons
parcourus par la tectonique
d'un dieu obèse et pâlichon
certains avaient l'air transgénique

  Je suis l'arbre indien il parait
un peu risible et incongru
comme un totem déraciné
grimaçant et trop chevelu

  nous étions la forêt débile
la lumière nous a recrachés
un peu effrayants dans le ville
chacun est parti se cacher.

 

_________________________________________________

 

  La Famille

 

  Les natifs grattent au sol perdu
les débris qu'ils ont cru voir
dans des rêves de nostalgie
une époque non advenue

  Ils sont ensemble et tout seuls
amoncelés dans la solitude cafardeuse
de désirs à peine partagés
ils dégustent ce qui sort de leur gueule

  Les natifs n'ont jamais eu de patrie
ni la nuque mobile
c'est tout un bazar pour regarder derrière
sans se retrouver flétris

  Apatrides et appaisés, parfois
quand viennent les volutes soyeuses
d'une nuit étoilée
ils espèrent être sur la bonne voie

  Et la boue, et la gorge nouée
et leurs trous portés au pinacle
ils en remplissent des pelletées
les natifs n'attendent pas de miracle

  Ils ne souhaitent que vomir
leur état-civil pour les suivants
laisser un message vivant
l'adresse aux errants de l'empire...

 

____________________________________________________

 

  Règles du jeu (I et II)

 

  I

  Après
la crasse retombe
ensablée de fourches molles

  Après
je retourne à la poussière
je suis la bombe désintégrée

  Le monde se disperse
en pérégrinations lointaines et inutiles

  Que j'aime ou que je haïsse
je vois mal la différence
un chimpanzée, une flikette ou un prix Goncourt
bidon d'essence
allumette
cendre

  Et le tapis de cendre retombe
schlof

  J'ai encore engrossé un ange invisible et fuyant
mais il me laisse ma crasse, le bon

  Courage courage courage
qui sait si nous mourrons? on le dit
mais on dit tellement de conneries
ce n'est pas si rassurant.



  II


  Et je sens le mal
un peu trop lointain
j'ai du mal à ouvrir les main
ce jour est fragile, léthal

  J'ai aujourd'hui peu de force
pour mastiquer la chair
une musique perturbe l'air
une guerre peut-être s'amorce

  Hier, je faisais peur
à des femmes viriles
ou bien je plais par erreur;
il m'en reste un peu de bile.

 

__________________________________________________

 

  Cocktail

 

   Dans le sang et le sperme
j'ai senti l'infini
un éternel instant

  avant de me dissoudre
de nouveau
dans des chairs renaissantes

  Dieu ne m'a rien dit
le cosmos respirait en silence
de l'autre côté

  des volets mi-clos
peut-être
quelqu'un contemplait

  le mélange sacré
hématique
et lactescent.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article