Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
je suis le soir enfin
qui enserre l'aluminium
oppressant et mensonger
des éclats solaires
je me noie dans la brume
qui fouette les citées
dans le silence atroce
des âmes enfermées
je suis le sentiment
né du contact absent
de la joue rose et tiède
sur le givre d'amour
je me cogne à la porte
de la chair pourrissure
quand les loupiotes du ciel
trinquent à notre santé
je suis le cri qui passe
de la poitrine ouverte
à la bouche édentée
d'un corps devenu flasque
je me perds dans les rues
quand les bars sont fermés
et que la dernière pute
a baissé son rideau
je suis l'insatisfait
quand la sirène a joui
qu'elle ne peut plus chanter
sous la lune en charpie
je me meure en gueulant
à chaque crépuscule:
parce que la poésie!
parce que la poésie!
je suis le soir enfin
attendri de revivre
affalé dans la soie
d'une aurore à venir