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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 15:21

 

 

  Voyez ce violon qui vrille mes veines
sous le ciel verveine
balbutié depuis depuis les lampadaires qui tringlent le sol
comme il est doux de mourir cent fois à la minute
écorché par un archet posté aux meurtrières de la musique
nous voilà réunis, désunis dans la rue
flottant entre les silences
à observer les effets
sur nos petits corps palpitants
la lune, première choriste
là haut, floppe ses notes invisibles
filochées comme autant de fines volutes
de fumeur de pipe abstraite
inodore et fatale aux yeux qui savent entendre
à devenir synesthète
voyez ce violon qui vrille mes veines

  voyez comme nous mourrons cent fois à la minute
mes amis des courts instants perforés dans l'infinie solitude:
-ce que nous sommes vivants!

  défilé de soierie merveilleuse
étirée dans la cochlée

  où est-ce qu'on ira comme ça?
inventer des océans
et partir dans le vent de nos émotions outrées
vers des îles voûtées de verveine
coulées depuis nos veines
mortelles étendues venues du dedans
de nos corps liqueurs
et la mort sera là
impuissante
touchée en son coeur
par la flèche de l'archet
la mort peut-être ira se
suicider
lamento des âmes écoulées
autour des îles
sorties de l'eau
et recouvertes
par les os le sel et le temps sablier
laissons les archers sillonner, s'immiscer dans le sang
sanglot sempiternel des superbes instants.

 

 

 

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Published by ignatius
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commentaires

lizagrèce 01/08/2011 22:28


Inventer les océans: c'est un programme qui me plaît bien.


ignatius 02/08/2011 17:07



oui, soyons prétentieux.



Nounedeb 31/07/2011 16:09


Salut! Oui, le son du violon nous rentre dans la chair, nous étripe, de ses vigoureux coups d'archer. Que c'est bon de l'entendre. Bon de te lire.


RACBOUNI 30/07/2011 21:45


Cadeau mon grand !


L'Assassin de Douai


Mehdi mehdi mehdi mehdi


maudit maudit maudit maudit


C'eut été bien beau bien agréable
qu'une fringante guillotine te baise la nuque
place Sainte Âme un dimanche bleu impeccable
ton corps de ta tête crépue soudain eunuque
s'agitant en mille spasmes clownesques
oh c'eut été churrigueresque !


Seigneur quelle joie éléphantesque
la foule de Douai entière ou presque
serait venue admirer ça
soulagée comme un gangrené à
qui l'on aurait retiré le membre pourri
soulagés oui tous se seraient esclaffés
Mehdi victorieux violeur démon fieffé

ta dépouille décapitée portée triomphamment
jetée dans la Scarpe sous mille applaudissements
tâche de goudron sale héron bizarre mouton galeux
il suffisait que l'on t'ôte comme il faut du paysage
tout redevient fleuve tout redevient heureux

Douai t'aurait salué crois nous en
d'endosser le Mal si courageusement
sur ton malheureux petit dos d'arabe
voleur de pain étrangleur de fillettes
assassin malfrat sorti de quelles oubliettes
pour nous resignifier à quel point nous sommes beaux
incapables de meurtres, nous autres les doux veaux
consolidant les murailles de nos bonnes consciences

mais tu n'auras même pas cette récompense
avec le temps avec la tempérance
les hommes ont édulcoré leur cruauté
ton sort Mehdi la cour a statué
ce sera 20-30 années à tuer
privation de liberté c'est à dire
que tu peux tirer un trait sur ta dignité d'homme
entassé avec 9 fous cogneurs dans un clapier de béton et d'urine
inutile de te faire un dessin tu peux déjà vomir pleurer
il te restera d'admirer le ballet fou des mouches autour de l’aguicheuse ampoule
les nocturnes séances de boxe avec le désespoir (ce poids lourd invaincu)
te capitonner la cervelle de rêves
prier un dieu qui avait pourtant guidé chacun de tes gestes

ET QUAND tu sortiras

le cœur démembré le corps ne battant plus
tu te jetteras sagement dans la Scarpe

mais surtout rassures toi

il y aura bien d'autres mehdi mehdi mehdi mehdi
qui seront comme toi maudits maudits maudits maudits



Hazebrouck (petite la ville vaste l'ennui)


Petite la ville
Vaste l'Ennui
tombe la pluie
je suis docile

c’est la Ducasse !
mais le cœur gourd
la gueule lasse
aux joies sont sourds

je ne veux être
de loin en loin
qu’à la fenêtre
de tristes groins
là sur la place
bovines aux bras
bâfrent des glaces
et puis aboient…

c’est l’indicible nausée

c’est le réel démaquillé

c’est le jeûne de la joie

c’est l’insigne illusion du moi

la vie vraiment n’est que cela ?

que ce rien indétrônable

ville tu es Hazebrouck

Et je suis la brebis
farouchement égarée

J’ai toujours mis

un point d’honneur

à me perdre….



Lycée Fénelon (Lille)



C’était au temps où des aînés en jupe ou pantalon,
Professeurs tous plus ou moins épouvantables,
A la prison libératrice de Fénelon
Devaient faire de nous des citoyens présentables
On nous tendait de la civilisation le flambeau glorieux
Et nous n’étions pas très sûrs d’accepter le fardeau
Infliger ça à nos gamins soyons sérieux

Tous n’étaient alors que singuliers personnages,
Pour nos yeux adolescents grossièrement féroces
Et c’était notre joie sublime les mettre en nage,
Les supplicier chaque semaine de chahuts atroces.

Ils s’échinaient vainement à rentrer des dictionnaires
Dans nos crânes rétifs (qui n’étaient simplement pas prêts)
Et notre jeune société déjà furieusement peu fraternitaire
S’ébrouait dans la cour entre cigarettes et apprêts


C’était au temps où j’aimais abominablement une
Dans mon corps enfant La sève ardente faisait sa Commune
et je prenais l’envie intarissable du corps femelle
Pour l’amour. La lune n’était alors que la lune
Et Une m’abandonna car j’avais besoin de leçons en cascatelles
Pour grandir un peu

Elles ne tardèrent pas et ces successions
De gifles vitales me sauvèrent depuis je tiens à peu près droit
Et me sais libre aussi libre et important disons qu’un petit pois
Dans le potager du monde qui subira quatre saisons
et leurs conséquences

Surtout j’ai constaté que je suis en train de crever
et qu’en attendant je ne sais pas quoi
Faire de ces 10 doigts

de ces 9 doigts

de ces 8 doigts…



Carnot


Si L’ennui était mortel, Carnot serait un cimetière
Disions-nous collégiens avec l’ironie fière
Au préau déjà le divorce entre pauvres et riches
Était consommé tous les idéaux étaient piétinés d’avance
Par le trépidant réel que nous apportions joyeux gamins de France
on découvrait comment tricher était matière à récompense
et bénis étions nous
le problème de la chair n’avait pas encore de consistance


je me souviens si violemment de la boue dans les cartables
des footballs avec des canettes écrasées des œufs dans la face
à la saint Nicolas des châtiments des pions sévères des ragouillasses
de la cantine il y avait de quoi peupler dix galaxies de fables
j’ai plus vague souvenance de Thalès Churchill Rousseau Ronsard
mais certains Homères instituteurs savaient nous happer le lard
dans l’ahurissante odyssée du savoir

de bonheur nous étions physiquement emportés


cervelles inventeuses un peu sadiques un peu folles
que l’homme de la rue semblait pauvre mais pauvre de vie
devant notre vie puissance mille
ce foisonnement ce magma qui débordait des grilles du collège
on folâtrait dans le temple humain comme les parents pris au piège
Étaient les colonnes qui soutenaient à bout de bras l’édifice

j’ouvre les yeux tout cela est déjà si loin si mort c’est à n’y pas croire

mais je n’ai pas le temps de nostalgiser moi qui suis maintenant colonne d’office

je soutiendrai tant que je pourrai avec mes pairs ce Parthénon croulant

où des enfants dansent et déploient leur ingéniosité ineffable

mais je pleure de n’entendre pas à la sortie du collège que

si l’ennui était Mortel, Carnot serait un cimetière


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