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Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

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1er mars, bonne année, une bonne guerre et pronostic hippique


  Bonjour à toi ô doux mois de mars, hello aux giboulées hormonales de nos corps en alerte, bienvenu au printemps dont tu dessines déjà les contours à l'horizon; wesh wesh à toi, nature floride et pépiante.

  Le mois de mars est le mois de tous les optimismes. D'habitude en tous cas. Après une fin d'année sous le joug des excès, janvier puis février servent à éliminer les graisses, à payer le tiers provisionnel, envoyer mémé en maison de retraite après son dernier noël en famille, et à faire le point sur l'année écoulée. Il n'y a à ce titre qu'en mars que l'on rentre de plain-pied dans la nouvelle année. D'ailleurs, ne dit-on pas "un mars et ça repart"?, preuve que je dis pas que des conneries.

  Chez les Romains, dont le penchant avéré pour les tétines de truie nous a toujours empéché de les prendre vraiment au sérieux, mars était le premier mois de l'année.

  Le dieu de la guerre -Mars donc, pour ceux qui suivent- ragaillardi après un hiver à plier et déplier Vénus la frivole dans toutes ces positions que la bienséance m'interdit de récapituler ici, s'en retournait au combat, et avec lui des milliers de légionnaires rasés de frais couraient s'étriper avec tous les chevelus avoisinnants. La phobie pileuse de Rome n'a pas été assez étudiée à mon goût. Les latins ne manquèrent jamais d'à propos, c'est pourquoi ils placèrent les Ides de mars au beau milieu du mois de mars.  Jules César en profita pour y mourir d'overdose. Bien que prévenu des mauvais prods qui tournaient, cela ne l'empêcha de reclamer un fatal "tu as de la coke mon fils?" au fameux Brutus qui lui refila de la mort aux rats. On voit par là combien le mois de mars, et les présages, ne sont pas à prendre à la légère.

  Chez les Grecs, cette période correspond à Anthestérion, époque des fêtes dyonisiaques, de la hiérogamie et de la célébration des mystères d'Eleusis. Ne me demandez pas ce que sont les mystères d'Eleusis, certaines choses doivent rester cachées. En tous cas, on remarquera, c'est tout de suite plus professionnel avec les Grecs.

  Chez nous, les ploucs décadants, le premier mars est le jour des grands-mères, le huitième celui des femmes et le vingt-troisième est dédié à la météorologie. Pardon mamie, pardon mesdames, j'ai bien moins de haine à votre encontre qu'il ne le faudrait d'après la bible, mais cela ne m'empêche pas de songer avec crainte à la façon dont les historiens du futur jugeront notre héritage culturel. Quant à la science "du temps qu'il aurait dû faire", et aux divinations en général, nous y reviendrons dès que j'aurai réussi à extraire les entrailles de ce chien récalcitrant.

  Mais fî de mes innombrables digressions pseudo historiques, revenons-en à nous, à notre temps, crise ou non et regardons si véritablement "en mars, ça repart":

  Les indices boursiers sont si bas qu'ils font l'humilité, le premier ministre est si terne qu'il faut lui pardonner et le gouvernement installe des vagues de dunes pour arrêter les vagues et de vagues rochers que les marées dépassent, et qui ont à jamais le cours à marée basse, plus l'infinité de brumes à venir, et bon, vous connaissez la chanson.

  C'est un présage, il vaut ce qu'il vaut, mais voyons les choses en face: il nous faudra plusieurs années avant d'admettre l'état de coma dépassé de notre système capitalistique. Les emplois seront fragmentés puis détruits par de simples claquements de doigts, les sociétés s'échangeront pour du pain rance, l'argent même sera suspect, fiduciaire et filandreux, c'est Nostradamus qui le dit, c'est pas rien! et il ajoute pour le 1er mars 2010: nuages percés d'éclaircies optimistes dans le sud de la France. Tiercé à Vicennnes, troisième course dans l'ordre: le 4, le 11, et le 2.

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