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Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

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5 juillet, bestiaire estival, secondes considérations intempestives



  Nous avons vu la plage et ceux qui la monopolisent au plus mauvais moment, c'est à dire quand nous y sommes. Il étaient si vilains, si bruyants et si nombreux que nous nous sommes carapatés dans l'eau. On a vu que sous l'eau ce n'était guère mieux, et si la faune y est plus silencieuse qu'à la surface, il faut dire qu'elle n'a aucune conversation.


  Nous sommes donc retournés, résignés, sur notre serviette ensevelie sous le sable des autres. Nous y avons mangé une glace type magnum ou type cornet, puis de dépit, avons levé les yeux au ciel, comme pour le prendre à témoin de l'ensemble des nuisances qu'il faut supporter pour être "comme les autres".


  Et le ciel a ri. D'un rire sardonique, ample et grinçant.


  C'était la mouette. Ou bien était-ce un goéland? En affaire de larini, c'est la taille qui compte. Un petit larini sera une mouette, un grand, un goéland; alors que la grande mouette, c'est  l'armée. Les trois sont identiques en ce qui concerne le regard stomacal. Ils sont omnivores, et charognards.


  Je serai contraint de laisser la sterne de côté, ça me chagrine; on l'appelle hirondelle de mer, elle ne fait pas mieux l'été que l'hirondelle "de terre" (sic) le printemps.


  Et puis il y a trop à dire sur les mouettes, ces rieuses poubelles du littoral. Il y en a tant d'espèces! Des Bonaparte (qu'on reconnait à leur ramige eternellement repliée sur le poitrail) , des rieuses, des du Tibet (que le gouvernement chinois laisse tranquilles), des mouettes pygmées, ou encore relique, ou obscures, ou scopuline, ou de Hartlaub (qui vit en Afrique) et même de Patagonie (qui vit en Patagonie.), et j'en passe comme la mouette à queue fourchue, parce que nous sommes à une heure de grande écoute.


  Bref, où que l'on aille au bord de la mer ou de l'océan, s'y trouve une colonie de mouettes goguenardes, ou qui s'esclaffent carrément. Parfois cependant, la mouette et le goéland pleurent, car cet oiseau a sa sensibilité. Il est un peu cyclothimique, ou dépressif comme on disait avant, soit il rit, soit il pleure, point d'humeur équilibrée. Il faut aussi voir le spectacle que lui offre l'espèce humaine, et avec un peu de recul, on comprend son émotion.

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