Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
A la sainte Procule, soigne tes fistules.
Les fistules ont une bien singulière histoire entre nous, vu que celle de Louis XIV, le roi de saison, fut à l'origine de l'hymne anglais "God Save the Queen". J'ai longtemps cru à une espèce de frigidité monarchique guérie par l'usage d'un simulacre -et la découverte de la jouissance clitoridienne, mais j'étais sot: la majuscule au verbe "to save" indique clairement qu'il s'agit de Dieu, et non de son ange Michet.
Mais nous ne parlerons pas des rois. Et bien moins que ça, nous causerons aujourd'hui de la femelle humaine, qui a juste ce qu'il faut d'infériorité par rapport à l'homme pour se mettre dans la position qu'il convient (ellipse quand tu nous tiens) sans se casser le dos. La femelle humaine est aux vacances ce que le silence est à la musique, on ne va pas écouter un concert pour lui, mais sans lui, ce n'est qu'un brouhaha informe et lassant.
Ha oui, plongez et maintenez par les oreilles la tête de vos enfants sous l'eau le temps de venir au bout de cet article. Et le mot "bout" est tout sauf innocent. Une fois l'infanticide assumé, mais sans y prendre plus de plaisir que la morale ne l'autorise, reprenez votre lecture.
J'ai souvent parlé de la femme, de l'éternel féminin, des parenthèses de leur sexe, des colonnades sacralisées à talons hauts, de leur vice si souvent supérieur en force naturelle au nôtre; mais la femme change durant l'été. Femme varie. Elle mérite donc un nouvel article qui devrait clore cette série du bestiaire estival.
Primates nous sommes toute l'année, nous les mecs, avec ni plus ni moins de savoir faire en février qu'en août, ni plus ni moins de flacidité, ni plus ni moins l'envie de torpiller nôtre compte en banque à coup de restaurants. Et pourtant, la probabilité de nous accoupler est quatre fois augmentée l'été, et quatorze fois sur un lieu de vacances.
Mais pourquoi, pourquoi? Oui: pourquoi en février on ne baise en moyenne que 3,17 fois alors qu'en juillet et août la fréquence passe à une quinzaine, parfois en un seul jour?! Le soleil et la nudité quasi insolente des corps n'est pas seule en cause, ou plutôt, elle n'est la cause.
Disons-le sans détour: l'été la femme se mue en quelque chose d'autre. Autre chose de fondamentalement pervers et décadent, une créature liquide, qui emporte dans son torrent meliflu et luisant les mâles organes que nous balançons trop près du bord de leurs labiaux rivages.
Oui, me direz-vous c'est bien beau tout ça (si vous pensez le contraire veuillez quitter définitivement de ce blog, merci), mais ça ne nous dit pas pourquoi il en est ainsi. Et d'ailleurs est ce que ça nous empeche de bander? Non.
Donc, cessez de lire mes fadaises, passez un maillot de bain, et courez sur le sable en serrant les fesses; essayez de conserver un air nonchalant malgré tout. Attention tout de même, si une femme rit en vous picorant les épaules, c'est une mouette. Il existe une méthode infaillible pour différencier une femme humaine d'une mouette: jetez-lui une sardine fraîche, si elle bat des ailes en vous faisant les yeux doux, c'est une mouette. Si elle vous renvoie le poisson dans la gueule ou bien si elle prend ses jambes à son cou, c'était la femme de votre vie, définitivement ratée (la femme ET la vie). Heureusement vous êtes en tenue de bain, la mer ou l'océan à quelques pas, la noyade étant la seule échappatoire.
Quant à moi, je vous salue Marie, j'ai une Procule qui sort de son lit.