Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Je me réveillais dans des espaces étranges
roulé par les voyages
près de soleils glacés comme des rivières indifférentes
à la frontière des transformations animales
la queue raide
les doigts puant la mouille
la poitrine en cendre
et la tête... mieux vaut ne pas parler de ma tête.
en rejetant la douceur des draps
je sentais le parfum des fraises flétries,
filles fracassées par les lunes barbares,
les amours ordurières somptueuses et magiques
décortiquées et laissées là
par les doigts de la couturière Bukowski
le ciel ne m'a jamais regardé ! alors que moi, si
et des pianos, des pianos en escaliers
vermeil et nacre dans le café
frissons en robe de chambre
et le sens et l'essentiel
orchestre mystère toujours ailleurs
je me réveillais dans des espaces étranges
roulé par les voyages
une ceinture à la main pour écorcher les anges
des mots d'amour en cage
Ah, mais ! croyez-le ! je l'entendais !
comme un tonnerre roulant sous la peau !
la petite musique, nom de dieu !
les fourmis sorcières que j'entrevoyais ! juste une seconde !
et un immense nuage passe. Et on regarde ses mains
perdu, plus rien. Ah ! le salaud intégral !
je t'aime bien, va, mon vieux pote Ferdinand
continue de vociférer dans ton zéphyr malsain
j'ai eu si froid, je vous jure, parfois
quand mes yeux magma dévalaient les rues de marbre
d'horribles olympes habitées de Vous
arbres sordides à l'écorce miroir
je voulais voir le fond
de la poésie, de la chair femelle, de l'esprit
violence des aciers plantés dans l'os
SHTAK !
Et tes cris ma muse, oh, tes cris d'entrailles, murmures du Vrai
à chialer de bonheur pour ces éclairs
mais je ne fus jamais assez soumis
et tout finit par me fuir
j'ai vu Rome et l'Acropole
tes lèvres en ourlets, explosives grenades cerise
après ça, comment marcher dans la ville ?
J'y vais pourtant, souvent
dans le papier mâché des étranges voyages
je croise d'autres déserteurs, cœurs trop palpitant aux mains abandonnées
tous perdus ! perdus ! perdus !
Mais je ne me perds pas dans la ville
je ne fus jamais assez soumis
et je rentre, aussi vide, aussi tendu vers le fuyant
sous le ciel toujours railleurs
chevelure dorée
déferlante
messages cabalistiques de la Beauté stellaire éclatée
à laquelle je ne comprends pas grand chose
foutre sombre répandu
j'ai cherché, encore aujourd'hui
et je m'endors dans ces espaces dépeuplés
roulé par mon poème
sous la lune barbare au creux d'un lit sécheresse
les animaux font silence
mais le lendemain
tout recommence.