Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Mes jambes s'enfoncent dans le monde
parfois vous frôlent
oh, je ne l'ai pas vu, moi, le monde
où est-il d'ailleurs, lui et sa tâche bleue qui tourne aux quatre vents?
je ne sais pas bien
mes jambes s'enfoncent dedans
comme deux buildings vomisseurs de nuages
parmi d'autres constructions venteuses qui tournent
aux quatre vents
quand ce truc, flot de couleurs, florilège de visions narcissiques
-qui vient d'où, d'ailleurs?
s'abat sur mes globes vitreux
est-ce le monde que je vois?
la lumière, est-ce moi que je vois, voyant le monde?
mes jambes filent, deux serpents, vers vous
voyez-vous le monde?
oh, mais! des jambes, j'en ai vues. Et une incandescence
au-dessus des parallèles, des découpes calcaires, ça oui,
la lumière qui fait les illusions
mais, le monde? je ne l'ai pas vu
je vois mes jambes qui s'enfoncent dedans
le bout de mon nez qui respire quelques contre-vérités
mes jambes s'enfoncent, s'enfoncent
et le monde
s'enfuit.