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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 13:38

 

 

  De choc en choc j'avance sous la nuit étoilée
sous la lumière royale qui nous pète à la gueule
et enflamme l'horizon nous révélant tout seul
dans une peinture d'abîme aux perfections voilées.

  Une rive en bordure. Des petites chattes rasées.
Des livres animaux. En clignant des paupières
je crois aux sens cachés, aux dieux qui nous révèrent
parce que nous sommes mortels et bientôt embrasés

  Notre corps doit souffrir, c'est un fait reconnu
ce béton aime craquer et enfler au soleil
du violent paradis qui nous tient en éveil.
Ô fêlures exaltées, ô nervures continues!

  Je bande et je meurs, oui! Le sang fait son chemin
et traine des pensées, jolies fleurs venimeuses
entrevues et coupées, que je voulais heureuses
en sortant de mon lit. Etre un fleuve assassin...

  Qui a vu le génie descendre l'eau noirâtre?
les branches de ses bras brisaient les flots glacés,
et sa bouche profane hurlait un chant sacré;
la douleur étouffa tout ce mouvant théâtre.

  J'ai vu passer ce corps suivi dans son sillon
par une muse attardée, par la vie, par la mort
des licornes liquéfiées et de vivants trésors
qui ont rouillé d'un coup: horreur et vermillons.

  On peut devenir fou brûlé par la Beauté
certains l'ont injuriée ou baisée à genoux
parcourus de spasmes dans l'intérieur fait-tout,
logé dans son tréfonds, Satan s'est bien marré.

  Chaque jour insatiable, une mâchoire nouvelle
une aube lancinante en prenant un temps dingue
broie notre volonté, filandreuse carlingue,
crouic crouic crouic c'est l'horloge aux piqûres mortelles...

  Il faut aimer cela. C'est un très long coït
qui crame nos muqueuses d'un sexe contagieux
lacérateur mais noble, allongés sous les cieux
nous prenons notre pied, l'ombre s'abat bien vite.

  De choc en choc, vivons! culbutés et butés
-culbutez et butez! L'enfer est un bonheur
qui charrie en riant vers aucun vrai ailleurs
nos organes magiques et notre âme insultée.

 

 

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Published by ignatius
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commentaires

miou 08/05/2011 01:27


je me félicite d'avoir lu ça. Gloire à moi !!!
rires !! ...je ne sais pas quoi dire, à part que c'est très beau. Je ne vais pas rajouter des mots par-dessus ça. Ça m'exalte et me poigne...Mais surtout m'exalte.


ignatius 08/05/2011 10:49



Oh... Ca me touche. Vraiment. Belle fin de week end à toi... à bientôt!



Tricôtine 07/05/2011 21:11


de la poésie comme j'en ai rarement lue ... c'est assez ambigu , oscillation entre corps et âme, l'impression finale: une débandade mâle combattue envers et contre tout ! ai-je tout compris ? .. je
ne sais.... par contre c'est terriblement bien écrit et poignant


ignatius 08/05/2011 10:46



Merci Tricôtine. Entre corps et âme, entre âme et corps, oui sans doute, c'est un peu le thème de ce texte. Pour la mâle débandade, moins par contre, même si je suis un mec et que je ne le cache
pas dans ce poème, mais tu peux pourrais remplacer les occurrences anatomiques masculines par leur équivalent féminin sans perdre le sens ni le propos. Non ça parle surtout de réactivité
"artistique" face à des éléments très perturbateurs... Merci d'avoir lu.


Bon dimanche!


ignatius



racbnouni 06/05/2011 23:47


De très beaux vers dans cette "Elegance" :

"de choc en choc j'avance sous la nuit étoilée" (...) "je bande et je meurs !oui le sang fait son chemin"
mais je suis un peu gêné par certains autres plus inégaux ex :"sous la lumière royale qui nous pète à la gueule"
et ce mélange volontaire de ton familier,animal et soutenu me laisse perplexe. Peut être est ce ce qui fait le sel de ce texte... L'idée de la Beauté et de Fabriquer du beau semble beaucoup te
travailler... Que veux tu dire ? On saute d'un vers l'autre mais en fin de compte, que des images fugaces qui éclatent et disparaissent en spores... Je vais relire, c'est à brûle pourpoint
ça.;;

A bientôt frère ouvrier du Beau !


ignatius 07/05/2011 01:56



Merci l'ami. Je savais qu'on bicherait sur certains vers. Tout est voulu, tu sais comme moi que faire du Classique n'est pas plus dur que de faire du moderne. En fait c'est pour une question de
rythme: les vers avec "E" élidés sont à lire à la moderne, de façon vive, et je dis pas ça pour excuser des vers ecrits trop vite, j'ai passé trois heures dessus. J'ai ma diction, je n'ignore pas
les règles de construction des alexandrins, je joue avec.


Apres  ce dont je parle précisément, c'est assez vaste, mais le premier vers est important: "de choc en choc j'avance", ce texte parle de ça, des horreurs qui nous font progresser vers le
chemin de la beauté. De la mort de certains êtres chers que l'on va éterniser dans quelques vers.



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