Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
De choc en choc j'avance sous la nuit étoilée
sous la lumière royale qui nous pète à la gueule
et enflamme l'horizon nous révélant tout seul
dans une peinture d'abîme aux perfections voilées.
Une rive en bordure. Des petites chattes rasées.
Des livres animaux. En clignant des paupières
je crois aux sens cachés, aux dieux qui nous révèrent
parce que nous sommes mortels et bientôt embrasés
Notre corps doit souffrir, c'est un fait reconnu
ce béton aime craquer et enfler au soleil
du violent paradis qui nous tient en éveil.
Ô fêlures exaltées, ô nervures continues!
Je bande et je meurs, oui! Le sang fait son chemin
et traine des pensées, jolies fleurs venimeuses
entrevues et coupées, que je voulais heureuses
en sortant de mon lit. Etre un fleuve assassin...
Qui a vu le génie descendre l'eau noirâtre?
les branches de ses bras brisaient les flots glacés,
et sa bouche profane hurlait un chant sacré;
la douleur étouffa tout ce mouvant théâtre.
J'ai vu passer ce corps suivi dans son sillon
par une muse attardée, par la vie, par la mort
des licornes liquéfiées et de vivants trésors
qui ont rouillé d'un coup: horreur et vermillons.
On peut devenir fou brûlé par la Beauté
certains l'ont injuriée ou baisée à genoux
parcourus de spasmes dans l'intérieur fait-tout,
logé dans son tréfonds, Satan s'est bien marré.
Chaque jour insatiable, une mâchoire nouvelle
une aube lancinante en prenant un temps dingue
broie notre volonté, filandreuse carlingue,
crouic crouic crouic c'est l'horloge aux piqûres mortelles...
Il faut aimer cela. C'est un très long coït
qui crame nos muqueuses d'un sexe contagieux
lacérateur mais noble, allongés sous les cieux
nous prenons notre pied, l'ombre s'abat bien vite.
De choc en choc, vivons! culbutés et butés
-culbutez et butez! L'enfer est un bonheur
qui charrie en riant vers aucun vrai ailleurs
nos organes magiques et notre âme insultée.