Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Dans le corps
le corps impermanent
aux aurores naphtalines
je sens se tordre
trop de variations
germées sous un soleil indifférent
et ma solitude s'imagine
des présences étouffantes
Nous n'avons pas vécu
lui et moi
les pieds trainant dans l'eau
la tête sur le sable
l'aube lève un jour nouveau
je le crois en tous points semblable
à ceux qui nous ont tant déçu
lui et moi
Le corps avance
malgré tout
dans le discours ânonné
des lueurs anonymes
ou c'est le temps qui roule
les nuages qui défilent
sur mon absence de force
ou mes forces qui déclinent
Nous sommes beaucoup
à partager ce repas lunaire
répercussion de lumière
sur la beauté autour
sur la chair dégoût
sur la pupille sans éclat
sur l'océan bien lourd
de la volonté qui se noie
Love
livre
pourquoi se dire
à jamais à jamais à jamais
rien ne dure
ni l'élan incassable
ni la douleur de la piqûre
aucun métal inaltérable
ni les phosphènes qui embellissent
les habituelles visions
ni le chant, ni le chant
des drames ou des rires
dans ce corps un peu maudit
sensible au spleen
comme à la joie.