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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 11:42

 

 

  Bluette vivace


  Ce n'est pas la nuit
il n'y aucune ombre
seuls quelques décombres
tout ça, c'est nos vies

  gachées, en ordures
très reconnaissables
ce tas misérable
est encor très pur

  oh! il pue un peu
mais dans ses reflets
de métaux brisés
on peut voir nos yeux

  ce n'est pas la nuit
c'est en plein soleil
nous sommes merveilles
merdes anoblies

  certains détritus
hurlent à nous voir
des crasses d'espoir
en nous parvenues

  le vent amiral
brasse tous nos restes
poudre de nos gestes,
dérive banale

  toutes ces visions
de résiduels
perte fonctionnelle
d'une profusion

  et journées rouillées
d'incarcération
et vieux pantalons
poussent à fouiller

  dans un noir foetal
dans la pestilence
dans la morte enfance
dans le sidéral

  bouffis par le temps
niqués par la vie
la force et l'envie
un souffle et un chant

  bien que nauséeux
un chant et un souffle
dans le soir vitreux
car le soir nous bouffe

  au terme d'ici
soir et nuit venus
la journée n'est plus
le ciel est rôti

  tout lardé de sang
violet et carmin
c'est la nuit enfin
qui en s'écroulant

  sur le tas qui luit
sur toutes nos miettes
sur cette bluette
jette son enduit

  et ce tas de nous
nous a occultés
nous a occupés
tenus jusqu'au bout.

 

___________________________________

 

  Plus belle la vie


  Mon feu livide et aveuglant              
ne brûl(e) ni le mal ni le bien            
des jours opales et nonchalants            
qui m'ont accepté en leur sein             

  Comment te dir(e) mon fol amour          
à toi qui sais combien je suis             
incrédule et inapte et sourd               
aux sentiments et à leurs bruits           

  Je me souviens des mille années          
entassées par enchantement                 
dans nos yeux perdus et déments            
se figeaient des espoirs camés             

  On se shootait d'envies fragiles         
un peu débiles et inconscients             
donquichotesques et futiles                
excités d'être sans argent                 

  Les plus beaux livres avaient sur nous   
des effets indésirables                    
nous ne vivions plus que de fables,         
concoctant d'infâmes ragoûts               

  Parler devenait périlleux                
on ne baisait plus que des yeux            
la faute à notre peau séchée               
ou qui d'un coup dégoulinait               

  Mon feu livide et aveuglant              
ne brûl(e) ni le mal ni le bien            
des jours opales et nonchalants            
qui m'ont accepté en leur sein             

  Comment te dir(e) mon fol amour          
à toi qui sais combien je suis             
incrédule et inapte et sourd               
aux sentiments et à leurs bruits           

  Derrièr(e) nos volets noirs et clos        
suintait le monstrueux jardin              
que tu nourrissais de ton sein             
et moi de sucs imaginaux                   

  Il fallait des règles nouvelles          
enfin c'est ce que je disais               
toi tu fouillais dans les poubelles        
pour exalter notre beauté                  

  Je me souviens quand tu pleurais          
je me sentais enfin capable                
dans un grand brasier de coupable          
d'exterminer l'humanité                    

  Toi tu flamboyais sur la rouille
moi je m'emmurais dans la trouille
de ne pas être Maldoror
et que le monde s'évapore

  Mon feu livide et aveuglant              
ne brûl(e) ni le mal ni le bien            
des jours opales et nonchalants            
qui m'ont accepté en leur sein             

  Comment te dir(e) mon fol amour          
à toi qui sais combien je suis             
incrédule et inapte et sourd               
aux sentiments et à leurs bruits...

 

 

 

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Published by ignatius
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commentaires

Nounedeb 17/04/2011 07:40


C'est pour ça qu'il m'a plu...


Nounedeb 15/04/2011 10:52


Salut. J'ai attendu pour lire tranquillement - et encore, que le premier - pressentant une dégustation? J'ai bien fait. Déguster l'ignoble en étant du côté solaire de la vie! encore que, le mot
peut être maladroit. Cependant je les déguste, tes merdes, anoblies ou pas.


ignatius 16/04/2011 20:03



Mais heuuuu! c'est une bluette! c'est fait pour être mignon! sourire.


Beau week end à toi Nounedeb



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