Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Le poète a le corps vidé
c'est un tombeau vivant arraché à la terre
il voit passer les suicidés
leur ombre lancinante et mord l'ombre derrière
Le poète a des cheveux fous
d'une laideur miroir de vieux chien vaginal
sa gueule humide de remous
se couvre des regards que ses cheveux avalent
Le poète n'a pas de bras
mais des tentacules liquoreux, enthousiastes
qui vous sucent de haut en bas
et qu'il se fourre au cul car c'est un pédéraste
Le poète est gentil, parfois
lorsque la lune luit au loin sur la colline
et qu'il nous la montre du doigt,
elle ondule, gémit, soupire et dégouline
Le poète est un fainéant
à cent mille métiers dont l'unique salaire
est au matin sur son céans
de chi-er son âme qui s'envole dans l'air
Le poète n'existe pas
c'est un drame pour fille aux joues évanescentes
mais qu'il retourne, scélérat!
en prenant sa forme devenue spumescente
Le poète n'a pas de mots
quant à ces constructions dont le monde est couvert
et s'il les recouvre d'émaux
envahissant nos yeux: il n'a rien découvert
Le poète nous a menti
c'est Néron pyromane enflammant la tristesse
des jupons d'Eon travesti
car le poète en fait est une poétesse!