Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
oh ce n'était pas si simple
je n'étais vraiment pas simple
et toi sur la rivière
le soleil semblait te préférer
les galets aussi, les reflets
je pêchais des noirceurs à convertir
la magie me désenchantait
j'attendais des vagues sur le calme plat
de la rivière
heureusement il y avait des arbres
qui n'avaient pas honte d'être verts
toi tu embrassais tout ça
et moi je sculptais un calvaire
l'amour me paraissait minable
au regard de tout le reste
que je ne savais pas voir
comment faisais-tu pour jouer avec le sable?
les nuages comme les galets
pouvaient cliqueter entre tes doigts
mes incantations à moi n'avaient pas ce pouvoir
je ne saurai jamais comment tu as fait
pour t'asseoir
au bord de la rivière à mes côtés
les femmes ont de ces mystères
je connaissais quelques pages de choses à dire
comment imaginer alors la sorcellerie de ton sourire
qui court à travers les années
mon talent dans son pot en plastique
parlons-en!
et dire que tu continuais de l'arroser
d'un liquide...encore une énigme!
dans un temps indeterminé une chimère
peut-être
aura poussé avec ses ailes translucides
de la nacre d'étoile...
nous serons là au bord d'un pont
sous une lune rouge et invisible
nous serons là les yeux en contrebas
regards croisés vers l'imprévisible
envol d'un sourire et d'un calvaire
ah les secrets au bord des rivières!