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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 14:15

 

  Ex nihilo

 

  Le soleil s'est buté derrière l'horizon
il n'en reste plus rien qu'une sueur séchée

  La nuit aussi a fui, seul le vent fuse encore
un vent venu de terre en dessous de nos pas

  Une musique grince au dedans de nos os
asseyons-nous ensemble sur ces crépitements

  Peut-être que la vie convulse en dansant
la vie tant attendue depuis le cri primal

  Inaudible plaisir de la chair avariée
ce tic-tac solitaire aiguise l'appétit

  Dans la nuit de la nuit, dans les ombres diaphanes
sous le ciel invisible un mouvement se tend

  Un mouvement s'entend depuis la pensée sourde
agrégation d'oubli en étincelle aveugle

  L'orgasme de néant frissonne sur lui-même
tu étais poussière! et maintenant, combat!

 

______________________________________________

 

  Destin clownesque

 

  du haut de sa falaise détachée du monde
le clown démaquillé jette
ses frusqes désenchantées
et l'écume insatiable regarde comme elles tombent

  il n'a rien connu qu'il n'ait pas tué
il n'a rien chanté qui ne se soit tu
sa haine est un vitrail pour les églises
aux couleurs orgiaques des croyants

  ce clown crache maintenant
il crache aux nuages sa soif de vent solaire
il voudrait vomir encore une fois
tout l'amour qui fertilise la terre

  au sein de la larme qui lui creuse la joue
les oiseaux voient combien
il est un mauvais exemple pour la jeunesse
et la larme fait une croûte affreuse

  ô quel mauvais guide ce clown
et son filet de bave, autoroute spermatique
l'enfoncera plus bas que les vers tortueux
qui se tordent sous le limon vert

  lorsqu'il aura sauté pour le final
au bas de sa petite tragédie rocheuse
dans le ressac clapotant du cinquième acte
il aura rendu grâce à sa vie banale.

 

_____________________________________________

 

  Tempus fugit II

  Le temps de perdre mes cils
dans un vent chargé d'épines
j'aurais posé mes yeux chitines
sur des couleurs bisbilles

  Le temps de comprendre ou non
pourquoi le corps est planté là
comme sur l'organe un cancrelat
j'aurais habité ma maison

  Le temps crache ses traits rectilignes
et voit nos faces déboutées
et notre foi outrée
se perce d'émotions malignes

  Le temps est une fadeur
qui gerce nos sourires crevasses
et dévoile une âme mélasse
boulottée par le discours des Heures

  C'est le temps maintenant de dire "zut"!
parce que la cigarette est tombée
en criblant l'air d'incandescence cramée
qui fige à jamais cette jolie chute.

 

 

 

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Published by ignatius
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commentaires

Nounedeb 22/04/2011 15:26


L'orgasme de néant frissonne
Au destin bancal de ce clown
Le temps n'est rien qu'une fadeur...
Ronron.


ignatius 24/04/2011 21:22



Le temps "n'est rien qu'une" fadeur... C'est presque mieux comme ça! bien vu. Sourire



racbouni 20/04/2011 22:28


A la première lecture j'aime le ton, mais là je survole, je suis pris par les évenements, pas de temps à consacrer à ta petite musique; à la mienne non plus d'ailleurs...

Je reviens vers toi la semaine prochaine je pense !


racbouni 20/04/2011 22:26


la mer insatiable non ?

J'aime assez tout cela mais j'ai très très peu de temps pour lire donc je survole... Je reviens vers toi sous peu, désolé, moi je n'avance pas et le blog est en chômage technique...


ignatius 21/04/2011 04:18



ah ah ah. Oui. Maudits doigts. Bah prends le temps de toutes façons moi aussi je publie peu ces jours-ci.



el duende 18/04/2011 20:05


Moi aussi j'aime... parce que la poésie, pour moi est recherche d' équilibre, de beauté, de lumière ...


ignatius 18/04/2011 21:52



Après tu le sais, j'aime autant le déséquilibre, l'ombre et la laideur. Tu n'as jamais lu mon "manifeste"? il est Art et non Art... Au plaisir de te lire chère Duende



askelia 18/04/2011 15:05


merci... comme j'aime!!


ignatius 18/04/2011 21:50



ça doit être pour ça que les écrivains signent en général: "votre serviteur".



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