Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Comme une araignée sur une étoile
gavée de moucherons inimaginables
je suis repus et gras et lassé
de ce que tous mes yeux ont embrassé
Une vague noire salit tout de son voile
inodore, et me rend ce tout agréable
je ne souffre plus ni le clair, ni la beauté
je ne souffre plus, mes nerfs ont été ôté
Il se joue des drames plats, muets
inintéressants comme des astéroïdes lointains
un chant d'oiseau calfeutré dans l'immense
des opéras sordides de l'immanence
Et la vague et le flux, mille décès fluets
éructent et je m'en fous leur éternel tsoin-tsoin
une rose là-bas s'époumone en parfum
sans que je sache si cela sent la fin.
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Je vous, nous, perdus en île
végétation de mâchoires bleutées
je ne vous apprendrai rien
hormis le goût de la nuit
la sensation percluse de rythmes vides
léchouilles languides sur notre fatras corporel
quand on s'abandonne au zoo
de l'autre côté des barreaux
et tarentules et caresses de colibris
morsures minuscules dans la conscience.
Et si le fin du fin
était derrière nous en ombre vaste et oppressante
oubli de matière, ravin de l'unique chance
piétinée dans la boue aujourd'hui craquelée
quel espoir d'une ultime descente à la Orphée?
J'ai été souple
et fière folie
fumant sur la cerise du gâteau
ma réussite éphémère sous des rayons bienveillants
m'a creusé la chair et l'esprit
las de charivari sans violence à rechercher l'extase
d'un shoot lointain
écumé
je me trouve aujourd'hui disparu.
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Je veux mes cris inaudibles
mon squelette en loques élégantes
quand tes grâces assourdissantes
giclent en fleurs sur mon front horrible
Pas d'histoires, pas d'histoires, je suis
cosmos avorté, dent creuse
ruine de l'âme et carne vicieuse
pour les fleurs un grand vase de suie
La nuit je tue mes erreurs
en les trainant au paradis
la nuit tu isoles tes pleurs
et au matin je te souris
Pas d'histoires, pas d'histoires, je suis
encore debout et je chante
les lèvres closes mon ennui
parce que tu es là, évidente.