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Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

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Le psychrolutes marcidus ou comment ne pas briller dans les profondeurs

pour les curieux

    Dans le règne animal, certains individus sont mieux nommés que les autres. Ainsi Arnold Schwarzenegger n'est ni noir ni nègre, contrairement à ce que la connaissance de l'Allemand pourrait nous laisser présager; à ce titre, il ne mérite pas son patronyme. Le blobfish, si.

  Si le psychrolutes marcidus savait parler, il gueulerait. Nul doute qu'il blasphèmerait assez légitimement contre le créateur afin d'obtenir sinon compensation, au moins une sorte de squelette grâce auquel il aurait l'air moins con. Il pourrait ainsi quitter les obscures profondeurs marines du grand large australien où le plonge son extraordinaire laideur. A coté de lui, le nom d'"Elephant man" parait d'une arrogance déplacée.

  Devant le blobfish, la prétention comique s'efface, l'écriveur a le vertige: aucun mot, aucune description ne semble pouvoir lui rendre justice. Pourtant, il faut bien que quelqu'un s'y colle. Vous serez donc indulgents.

  Cousin honteux de la rascasse, dont il n'a hélas ni le piquant de l'allure ni le nom exotique, il est un invertebré, ce qui fait de lui un poisson entre deux eaux, à mi-chemin du mollusque. A le voir, on se dit qu'il aurait pu s'épargner le trajet, mais qui suis-je pour juger de pareilles choses, je vous le demande? Cependant, que des cellules se divisent pour en arriver à ce résultat, voilà qui me fait douter des supposées bonnes intentions divines; bref, là n'est pas la question.

  Nous l'avons vu, son physique pour le moins incertain lui ferait raser les murs, s'il y avait des murs dans l'océan. Or ce dernier est rempli de rochers pour la plupart très mal famés, semblables à nos ruelles coupe-gorge. Le blobfish en est donc réduit à ressaser son malheur le nez collé aux fonds marins. Là, philosophant peut-être (on ne le saura jamais) il attend, placide, que sa morne nourriture s'offre à lui. Sa chair est plus légère que l'eau, ce qui lui permettrait de flotter et de se mouvoir, si, et seulement  si, il s'autorisait à paraître en public. Je ne sais rien de son mode de reproduction, et grands dieux, grands dieux! je ne veux surtout pas savoir.

  Le tout, mais je conçois bien que l'imagination ait ses limites, est encore relativement acceptable dans son environnement liquide, disons qu'il se maintient. Mais sortez-le de l'eau et le charme si j'ose dire, se rompt. On croirait Edouard Balladur en moins vivace. La masse visqueuse s'effondre sur elle-même en un ectoplasme vaguement anthropomorphique, ce qui ne l'en rend que plus grotesque.

  Pour résumer, on peut dire que le blobfish, maintenu dans les profondeurs glauques par une mauvaise blague de l'évolution, attend paisiblement sa mutation génétique. Après tout le mal que j'ai dit de lui, je veux bien lui laisser mon tour.

  Je relis mon article et le trouve outrancier, je ne sais ce qui m'a fait perdre mon objectivité au cours de sa rédaction, que je trouve parsemée de jugements de valeur. J'en demande pardon à tous les amas gélatineux, visqueux et informes de notre belle planète. Les trois dieux principaux me pardonnent.
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M
<br /> le luminou, dans les abysses, lui , au moins, on peut le voir....<br /> <br /> <br />
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I
<br /> rireeeeeeeeeeeeee<br /> <br /> voilà un commentaire de tout premier ordre, je regrette de ne pas y avoir songé.<br /> <br /> <br />