Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Matin de sel et d'oubli, un hublot de ciel aspire le reste de la nuit sa mâchoire comme un brûloir calcine en douceur des fragments de rêves dans une brume qui s'élève il n'y a encore que quelques couleurs des touches fines comme la rosée le bitume cherche...
Je ne crois pas en l'inspiration qui monte et descend comme le yo-yo de la marée mystique au fond des cervelles tragiques ni en la bienveillance de l'horrible soleil roteur de réactions nucléaires je ne crois pas que les mouches soient coprophages lorsqu'elles...
Vous avez connu des génies leurs mots, les ébauches de leurs gestes ont laissé des marques profondes dans la mémoire de nos peaux de vivantes cicatrices et la substance en dessous apparaissait plus nette plus crédible, plus divine. On peut parler d'amour...
L'amour, j'ignore sauf quand je vois cette photo partagée, deux parties deux mondes clair obscur vie, non vie limbes et croûte terrestre au fond d'une table tunnel, cette bonne vieille lumière un escalier vers le paradis le paradis comme on dit, c'est...
Notre vie n'est pas morne notre vie n'est pas glacée on se souvient de l'école et des premiers contacts Notre vie n'est pas triste notre vie n'est pas passée on entrevoit quelques rêves et des aubes transpirantes Notre vie n'est pas stupide notre vie...
Je tourne la roue de l'esprit en concentrant mon effort pour que revienne le souvenir d'une nuit sans drame, sans soleil et sans bruit sauf la respiration d'un lampadaire en lieu et place du vent et tout le noir sidéral en calotte sur la ville évanouie...
certains (et certaines) me disaient double et d'autres "entier" (comme quoi, l'avis des gens...) ce qui est sûr c'est que parfois le matin me pénétrait l'âme comme la plus délicieuse des nourritures célestes et j'étais avide et arrogant de désir véritable...
Le vent cinglant traîne des hurlements de huskys décédés leur langue contractée comme une maladie vénérienne lape les murs, les troncs d'arbre d'apparence métallique un clochard s'évade du rempart par un sillon solaire plus froid que l'absence d'une mère...
biouty biouty je ne suis qu'une diff raction de lumière dans le regard des autres un mensonge communément admis je ne suis pas belle tu sais et j'ai un gros cul pas d'harmonie ici je gonfle aux mauvais endroits par moment j'ai toujours raison et trop...
Je marchais dans les rues, sans but, sans gloire et triste, pensant à Bandini, Ferdinand - des lutteurs ! puis mes yeux revenaient au réel, fatalistes ; ici, je ne brille pas, go dans un monde meilleur ! Qui aura le courage, la force et la sagesse d'aller...
Est-ce normal d'envahir le paradis ? je déteste la perfection, et donc, la mort Jouir est horrible Dieu épargne les fleurs j'aime mieux la caresse des mouches que celles des femmes sûrement parce que je ne dois rien aux mouches Est-ce normal d'envahir...
Le ciel était beau pur et sans tâche il se jetait infinement dans la mer aux diamants. Des randonneurs, des couples et des familles promenaient leur bonheur sur les sentiers d'un printemps crayonné aux pastels l'air un peu frais aguichait les tétons de...
C'est sûr les zébrures s'envolent parmi les dieux les toits les cieux se confondent aux nulle-part c'est sûr les volutes me butent les chaînes de mon cerveau se resserrent contractées gonflées, sanguinolées éclatent et c'est joli sur les murs je ne peux...
J'ai oublié la poésie j'ai oublié la nuit les escarcelles du ciel et les longs soupirs des mers de sel j'ai perdu la raison au matin perdu la douceur des nuages de satin les frontières d'autres mondes je vis de constructions qui fondent une lame de fond...
Il y a des herbes sèches et des plantes étalées dans la poussière et les marques grasses du temps qui passe c'est le jardin d'intérieur que tu as fait pour le vieux chat il déambule dans sa petite cellule un soleil de verroterie, presque glacé, machinal...
La planète à quatre soleils tourne et virevolte comme une promesse incroyable comme un songe enfantin où tous les impossibles se rejoignent et s'entrelacent hors d'atteinte humaine hors de salissure humaine L'espace et sa beauté incommensurable sa poésie...
Assis sur un rocher planté dans les flots il écarte les doigts pour déchirer le vent ses yeux bercés d'écume escaladent le ciel mais où vont ses pensées insensibles aux pavots ? L'univers ce soir est... si pompier comme incendié d'étoiles décomptant les...
c'est vain, c'est vain nous ne savions dire que ça et s'enivrer avec c'est vain d'aimer, mon amour de se planter là après s'être tant perdus la ville est vaine et vilaine au loin des îles vont et viennent et si le ciel verveine au soir des lubies nous...
Là, c'est là, quand les feuilles tremblent tout ira mal on est si sales et brillants sous les sodiums ton coeur tape à l'envers je vois tes doigts esquisser, esquiver charmants petits prisonniers chemin étroit à ciel ouvert plantée sur le béton frêle...
ce fantasme sordide d'ombres et de décombres d'être parmi les vers grouillant d'autosatisfaction les yeux tournés vers l'espace intérieur, tentaculaire et bouffi à la frontière de la mort et du déni riant avec les singes pourriture zombi autophage ce...
traversé par les paysages arbres fouillis, dé zin tégrés habitations poussière avec ses gens ruisseaux de lumières et que font-ils déjà au passé (déconnexion seconde tout est possible laissons ça derrière) fils tendus liant électrique internet et je sais...
drôle de fatras vaguement organique drôle de fatras comme un animal boursouflé de six ailes un pied de mouton son oeil unique est fendu d'un bec de lièvre drôle de fatras tout à fait chimérique observable à la vérité des miroirs ou simplement la table...
L'horizon des connaissances où tout se résorbe, 13.7 comme un bon vin m'inquiète et m'affole m'attire et m'aspire comme le goulot infundibuliforme d'un alcool dangereux ah se tremper dans la lie, le dépot, la toile qui nous lie et revenir plus ignorant...
C'était sûrement après le Colisée le forum impérial aux vendeurs de cochons Fascinants cochons qui s'écrasent et s'étalent en une large flaque puis se reconstituent Piazza Navona entre les deux fontaines au moins cinq cents personnes Un coq en plastique...
Et sais-tu pourquoi nous en sommes-là ? Bof. Voilà. Tous pareils. Au moment précis où l'on s'aperçoit qu'il n'y a aucun espoir tout devient si beau inefficace comme des larmes sur un tombeau je te tiens par la main, toi qui n'as qu'un bras quelques oiseaux...