Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Bluette vivace Ce n'est pas la nuit il n'y aucune ombre seuls quelques décombres tout ça, c'est nos vies gachées, en ordures très reconnaissables ce tas misérable est encor très pur oh! il pue un peu mais dans ses reflets de métaux brisés on peut voir...
Nous en sommes ici, dans cet ailleurs greffé de kilomètres d'acier gercé au soleil percé de monticules au sol coloré dessein ridicule de montrer un chemin Je les suis moi aussi ces lignes parallèles des destins mais où mènent-elles? en tous cas, peu en...
Dans le corps le corps impermanent aux aurores naphtalines je sens se tordre trop de variations germées sous un soleil indifférent et ma solitude s'imagine des présences étouffantes Nous n'avons pas vécu lui et moi les pieds trainant dans l'eau la tête...
Litanie de l'éloignement Loin de moi la perfection la beauté destructrice qui fanent les yeux en avançant loin de moi mes frères l'amour et tous les tremblements Je serai comme nous tous cercueil alvéloaire connecté en vain sur le vin de la terre et ses...
Je me donne au fleuve qui ne trouve jamais la mer: tant que je ne serai pas "un poète de race, pour dire à sa louange un immortel blason", j'essaierai, encore et encore. Des obsessions m'habitent (le premier qui y voit un calembour est un obsédé) et d'autres...
Sois rageur, tout arrive ! et la mort magnifique, cet océan parfait, lape -ressac- tes cheveux de poète ! où sur l'onde, à l'éclat électrique, cahotent tes yeux secs en roulant vers les cieux. Eh quoi ? écoute ! elle dort, frêle et mélancolique, son souffle...
Je vous ai vus dans une rue des appartements, au bout de ma bouche de mes yeux, nous nous sommes touchés rappelez-vous c'était nous, ou bien d'autres des éclairs tempêtaient les arabesques de l'air laissaient croire en de possibles symphonies nous nous...
Scène d'extase Une toute petite histoire insensée au milieu d'un milliard pourquoi la tienne pourquoi la mienne pourquoi nos yeux s'insèrent dans cette surenchère bleu vert marron, rouge sur les bords en éclairs incandescents un pied sur le monde, le...
L'année se meurt, elle agonise, comme le poisson de Breton a fini par remonter à la surface tout boursouflé des vers qui grouillent en profondeur. Je suis moi aussi mal portant, à en juger par le sonnet et la prose que vous trouverez dans cette page-ci....
L'enfer n'est pas ailleurs et le monde y suffit assez de feu, de poussière, de sévices et de chants de Cerbère, d'Orphée, de Styx et de coups de fouets voyez ce pic tonitruant qui perce la croûte du ciel d'où les anges chiés viennent en tourbillons se...
C'est souvent la nuit sous le vent qui s'enfuit par ailleurs, aux mystères aux aubes rouges d'autres terres que je sens ton essence ma chimère, ma fragrance s'écouler sur les murs comme un rêve pâle et pur C'est souvent la nuit au milieu des cent mille...
Tu es en train de t'épiler assise sur le lit les jambes repliées j'entends un précis clic clic entièrement nue sur les draps face à ton miroir tes cheveux gouttent, taffetas des anges claudiquent dans le soir clic clic blonde à la chair claire brillante...
Le poète a le corps vidé c'est un tombeau vivant arraché à la terre il voit passer les suicidés leur ombre lancinante et mord l'ombre derrière Le poète a des cheveux fous d'une laideur miroir de vieux chien vaginal sa gueule humide de remous se couvre...
Au souper des chiennes quand la lune bave mollement dans les rues Au souper des chiennes pétries de jeans moulants et de strings H&M Au souper des chiennes qui trempent leur museau rose et gonflé dans les langues incorrectes des mâles de mon espèce inaptes...
je vois une immonde clarté s'élever dans le ciel bestial les fumerolles voluptueuses du sexe éjaculées depuis l'orifice des toits se mêlent aux séraphiques nébulosités des continents mous qui s'entrechoquent et se pénètrent en silence sous la voûte en...
Aucun boulot, aucun espoir de réussir aucun espoir de rien, pas même d'être docile il reste l'enfance, le foot le rugby et les drogues plus ou moins dures des impermanences hallucinatoires aucun espoir de rien, pas même d'être docile et dans les chiures...
C'est une fille en mini jupe rose qui vous dit "merde" c'est un cri inconnu dans la nuit c'est une bouteille, la dernière bouteille qui tombe et se vide au sol c'est l'odeur infecte d'un égout vorace la glace écrasée d'un enfant c'est la mort du plus...
Ci-gît ton regard organe désargenté qui luit, pie, cherche le fard d'un reflet ourlé Ci-gît le pourquoi qu'on ne trouve pas dans l'art les déconnexions d'avec la vie, les fictions Ci-gît le mot perdu la marque sous la robe les derniers sons entendus d'un...
Ô fortuna Ô plaie chérie qui brille parfois d'une incommunicable saloperie notre loi La merde s'y dépose déposée par un vent ténu, frêle et délicat essence de rose et tourbillon de caca Sur un socle de peaux mourantes agglutinées nous voilà bien butinés...
Un feu orange dévore la silhouette terriblement géométrique des toits coiffant l'horizon la nuit nous a déserté. retour au front. "je ne peux pas m'aimer" me disent les yeux gonflés d'une vague connaissance. assis, buvant son café au bar il est figé dans...
Le soleil est perclus tout là-haut dans le ciel, il est bien loin de nous, muet, statique et seul ; je sens mon corps ailleurs, déconnecté, partiel mais relié au vivant, et comme dans un linceul. La ville est flamboyante auréolée de miel ! les rues chargées...
Voilà qu'on re-essaie d'oublier de se contenter, de créer l'être en contemplant les platanes les palettes jaune-orange de l'automne voilà que la poésie coule dans les égouts voilà qu'on voudrait oublier les raisons de la fuite de la nausée native voilà...
L'homme rit risible écrit réclame majuscule L'Homme Dieu L'Homme Rat L'Homme Ville L'Homme peint Dieu, Rat, Ville L'Homme arme part tue sue larme L'Homme drame trame rame fleuve sombre conscience cherche se détache L'Homme revient toujours aussi foutre...
Voyez ce violon qui vrille mes veines sous le ciel verveine balbutié depuis depuis les lampadaires qui tringlent le sol comme il est doux de mourir cent fois à la minute écorché par un archet posté aux meurtrières de la musique nous voilà réunis, désunis...
Je suis l'oiseau crevé croisé ce matin petit oeil figé sur le monde refroidi Je suis l'oiseau crevé au bec encore qui tape sem-pi-ter-ne-lle-ment au carreau du salon Je suis l'oiseau crevé mais toujours tiède dans la main piou piou piou piou piou piou...