Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
C'est toujours après les voyages immobiles d'une illusion à l'autre quand les transports sans corps te laissent au seuil des flashs bleus et rose de l'éveil tes paupières tombent en poussière comme une créature fantastique aux rayons du soleil c'est toujours...
Ca y est j'ai un million d'années c'est venu cette nuit en parlant aux inconnus de la vie des autres de la poussière qui s'étend depuis le Mojave et Santa Ana qui nous recouvrira tous tant qu'on sera en parlant d'amour de rêves et de gloire infantile...
Ophélie (II) Sur un fil mou et plat dégorgé de reflet par l'onde sans éclat, indifférente à tout, mortelle aux étoiles qu'elle étouffe d'un coup ton corps monumental, Ophélie, a enflé. Si! la boursouflure dense du bel amour dans ta chevelure gourde et...
Je suis face à la cheminée là j'ai peur peur parce que tout va bien je viens de comprendre deux-trois trucs que j'ai compris depuis longtemps cette force va et vient et laisse des cendres sur son passage il faut alors marcher sur les braises je tremble...
Bien sûr nous aurons des explosions scintillantes dans les mirettes à chaque rugissement solaire bien sûr nous verrons sur nos tissus des crevasses longilignes rose et brillantes symbole qu'on est bien en vie bien sûr en flânant dans les rues un certain...
Tout est parfait, parfait, une nuit glisse sur nous comme les doigts d'un pianiste étirent la mélodie l'éclat des couleurs fane, ce voile paraît si doux j'aime cette heure entre-deux, son étrange prosodie... Dimanche dévore la ville: c'est assez rassurant...
Manifeste foutatif (hommage à Lepetit) Je me fous de Verlaine je me fous de Rimbaud je me fous du Créateur et des Super-Héros Je me fous du Soleil Noir et de la mélancolie je me fous des entonnoirs et des echolalies A, à, à la queue-leu-leu je me fous...
Il a p'tete raison lui là muet presque inconscient à la dérive immobile sur la langue glacée du béton ni combattant ni même observateur avec son réchaud et sa boîte de ravioli tous les jours la même boîte de ravioli des yeux noirs à offusquer le diable...
Tu sais, demain nos âmes seront ces pierres biscornues qui ne forment pas de chemin étalées là comme un miroir éclaté reflétant mille fois la même étoile alitée Tu sais, demain j'aurai enfoui mes abats mes livres et mes hallus au repos sous les gravas...
Nous mêlons nos solitudes surtout "comme ça" un peu par habitude face à face, verre à verre, vide à vide crispés dans un néant de sensation dehors, des existences crissent, crient, subitement dans les rues on croirait qu'il y a des formes de vie une bouteille...
Alors, alors nous, nombre, multitude tous ressemblants à nos squelettes 21è siècle cyber punk cyber plouc en nombre nous voilà le genre humain, pas très nouveau Pas très nouveau tout ça et tous les matins, tous les matins quand la lumière contracte ma...
Au fond du verre à pied, les paroles ont cristallisé avant d'être bues petit lait vitriol j'arrose mes détritus d'un espoir critique enchâssé dans une cérémonie redite, et redite Communions dans l'esprit des temps foireux face-à-face avec nos idoles hirsutes...
Nous drapés linceul ensorcelé léthargiques Nous saturés de savoir parfois gerbant oublions oublions oublions chaque matin machines à oublier ici et là je lis j'entends "quelle claque !" mes petits salauds... mes petits salauds ! comme si les statues empoémées...
on peut acheter d'énormes fromages des kilos de nougats du foie gras des marrons glacés et coeurs en pain d'épice ou arabesques de saucisses des crèpes au Nutella sous le regard absent de milliers de santons petit Jésus, petit Jésus aime-moi petit Jésus,...
Cet oiseau qui piaille dans le bleu étendu dans la perfection matinale dans la fumée lointaine des oeuvres d'art brûlées en Italie et dans ce poème qui n'avance pas cet oiseau qui rit des rivières de béton cet oiseau cet oiseau cet oiseau j'ai envie de...
Le souvenir est un oursin râleur geignard et puéril qui se complait dans le lac étal des naufrages ce matin je vois que tous les lits sont secs et sales embarrassés de cadavres et de fossiles trop de soleils ont roulé trop de rires et de psaumes et de...
Son sang, sa haine, son amour son hurlement sous la coupole capitonnée du monde on voudrait laisser un truc autre que son adn sur une scène de crime trouver une couleur sans copyright et partir sur un arc-en-ciel le système de notation ne nous convient...
Et quand j'écris pas ce que je veux des histoires simples pour enrichir la nuit des muets coeur pilé ceux qui restent secs sur les joues que là, dans ce machin géant, infini de foutre et d'espace qui va, voile enivrant sur nos faces blanches comme le...
devant l'absence du plus pur cette absence qui s'étend et galope comme un voile d'invisibilité comme un drap sur les meubles morts comme si tout s'inversait que les vivants devenaient fantômes à certaines heures crépitent de vagues lueurs, fugitives éclairs...
Et je bosse A quoi je pense quand je bosse ? les jambes infinies des immeubles en chantier je suis bien logé vive le sport et les voitures bien rouges les spores de champignon au pied de la vieille secrétaire et je vais vite à cent à l'heure pour me branler...
je suis fait de la même matière que les préservatifs un rempart au foutre, comme aux nuages, les toits obsédé obsédé obsédé je suis comme vous creusé par un désir sans fond aux échos infinis en expansion sur la brêche pas tout à fait mort jamais vraiment...
On est là, on y est, la chose est arrivée comme une explosion molle, un truc assez banal ; entre fiente et urine, existence archivée : l'individu vivra sous un ciel magistral. On a parlé d'Amour, de volonté divine -et même extraterrestre ! ou alors, d'un...
Mais nous ne sommes pas morts, c'est bien assez horrible d'héberger un espoir, lierre grimpant sur le mur au crépi froid du jour, ce tissu putrescible accroché cauchemar à nos rêves de futur. Mais nous ne sommes pas morts, ma chair palpite encore aux...
Il rampe, il rampe et c'est déjà trop pour lui d'avancer en rampant il aimerait mieux un tapis roulant il n'a plus d'essence! pauvre homme asséché les dieux ont déserté les stations-service il rampe sur une autoroute en chiant sa vertu et c'est son dernier...
Elle était bien morne ta lazure intérieure marbrée de ce spectacle aboli et fangeux lorsque ton front immense enlaidissait les heures qui en gouttes froides t'écarquillaient les yeux L'univers glacifié, hirsute chantepleure qui n'existe qu'en nous, petits...