Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Connexion Et parfois une ribambelle hérissée me déflore la bidoche cortège de cris de heurts comme au cinoche en émoi ça vient, ça part en grattant la dure-mère qui coule en foule d'animaux hurleurs aux clameurs éphémères je dévide cette bobine barbelée...
je rêve de me planter une bonne fois pour toutes je me suis écorché si souvent au bleu crémeux d'un soleil chirurgien tellement plus beau que moi aux réveils où je n'étais plus Dieu dans les yeux d'une furie aimante quand j'ai voulu déclarer ma flamme...
tu dis que le lait nous brûle qu'il fait germer dans les viscères des fruits de plomb, des fruits de vent des fruits de pluie et de tonnerre tu dis que l'inutilité de nos élans lui confère tout l'éclat mordant de la Beauté tu dis que nous allons aux champs...
Sisyphe Le vent avait plus d'un tour dans son sac dans cette ville perforée d'alcooliques et la bière et l'absinthe étaient parfois un peu amères nos lèvres entrouvertes restaient collées aux commissures trop sucrées -à ta gueule -à ta gueule dans le...
Il faut inventer brasser tourbillonner crier dans la plaine blanche faire usage d'amour et de violence face aux déserts déroulés aux silencieux violons des abîmes mettre son corps en balance frapper des frappes franches et manquer de respect pour les...
Pas d'harmonie aujourd'hui. J'ai vécu quelques secondes sur une place beaucoup de visages de pépiements, de gloussements des papiers froissés des corps partout remuaient c'était très oppressant le soleil me glissait dessus comme une limace brûlante trop...
A dire pourquoi je sais pas le réel enfle comme ce gros nuage se tortille sombre le bleu en noir toutes les teintes déclinent les fleurs vont encore ramasser sur leur gueule jolie des pétales qui s'étalent regarde les chiens courir A dire vrai je sais...
Ode Ils étaient morts dans leur charpie géniale au temps +1, sous mon regard animal ils pourrissaient dans un chouette décor Les pins indifférents avaient saisi leurs os et les ficelaient en multiples arabesques ces araignées un peu grotesques suçotaient...
Dans une rivière de lune des ballotements incrédules C'est quoi le slamm? j'en sais rien rien rien c'est pas le vague à l'âme en tous cas, je vous parle septième vague Dans une rivière de lune des ballotements incrédules Il y a un océan de vous frères...
Chapelle Ardente Les petites bestioles sont encore là chitinieuses et luisantes créations accouchées de rêves et de discussions; écoute: un coeur horrible se débat Il y a un monde infect et précieux tout autour qui plonge ce centre stellaire nos regards...
Elle est si calme enfin presque silencieuse et attentive sous sa robe translucide on l'entend respirer c'est rassurant pour nous aussi de se dire que le mal, l'emprise subit des accalmies les hommes se taisent dans un souffle de brise un très léger clapotis...
Comme une araignée sur une étoile gavée de moucherons inimaginables je suis repus et gras et lassé de ce que tous mes yeux ont embrassé Une vague noire salit tout de son voile inodore, et me rend ce tout agréable je ne souffre plus ni le clair, ni la...
("là où ça sent la merde, ça sent l'être", Antonin Artaud) Chut... Chut... Regardez-vous, regardez-moi, observons notre chute: Je vous vois vous êtes comme moi jasmin puant flanqué au béton du hasard je vous sens ça vient du fond des intestins tirés jusqu'aux...
Des choses simples satisfaisantes clarté du matin ciel et nuages brouillés à la surface de l'eau la pulpe légère, la peau et l'odeur de cette eau On ne devine rien d'autre que du creux du monde bientôt la caresse intangible venue du creux du monde envelopper...
Je me rappelle bien de cet autre monde aluni des amours trottoirs et des secrets gravés sur ton front Je me rappelle bien qu'au milieu des lambris obscènes où riait la faune d'araignées en jupette et de réptiles malhabiles nous on se promenait à Dirty...
chaque jour je me prépare comme pour le dernier je salue le soleil et le mouvement des astres je me passe la gueule sous l'eau puis je lace mon armure et je prends mes cachets je mentalise le chemin comme le font les athlètes je mâchonne les mots les...
comme qui dirait qu'il n'y a pas grand-chose ce matin de drôles de roses sont écloses ailleurs c'est sûr une plage se perd dans le brouillard l'océan fabrique de jolis tessons je ne peux pas sortir pour voir ça comme un ordinateur mon ventre fait des...
à 7h00 le monstre ronronne il est encore presque mignon le bus nous emporte moi et mon pote la zone est LA ZONE comme entre deux guerres no beauty land la nature s'exaspère et les corbeaux dans leur langage croassent croassent les pneux d'une grosse bagnole...
Et je ne peux pas mourir hélas il manque toujours un dernier poème une dernière fille, un autre sourire une aube étrange à venir un frisson sous la peau Et je suis au bord du vide depuis longtemps maintenant comme tout en haut d'un World Trade Center...
Je suis bien aujourd'hui que je n'crois plus en rien. Ce matin, le soleil, si bas, chétif et pâle, faiblard et affalé dans un ciel diamantin semblait une âme idiote alanguie et banale. Tout l'horizon, débile, aboyait, petit chien, sur l'atonie de l'homme...
Des équivalences. Pas des miroirs, pas d'autres âmes aux os couverts de saleté, non, une équivalence, pour se projeter et se métamorphoser. Le monde avait déployé tant de clones aux mêmes langages qui communiquaient jour et nuit en s'échangeant des formules...
Elle disait : pas moyen de faire de l'argent avec ça les papiers froissés roulant dans la nuit la première larme solaire au matin le crissement des os qui se rappellent d'autres os amours parasites, ver lacté qu'on reconnaît en nous l'éphémère conscience...
Des fois, tu rentres chez toi à plus de deux heures du matin dans la nuit furieuse la nuit hirsute traversée de rats luisant sous les lampadaires et tu ne veux rien juste rentrer chez toi et attendre demain puis, arrivé à demeure il te prend soudain l'envie...
Du bonheur j'ai vu la trame horrible là où courent les quatre cavaliers j'ai goûté l'absinthe hypersensible : elle ne nous a jamais rassasiés. Là, il ne tombe rien sur la ville pourtant, on croirait ; bref, on attend. * Quelqu'un peint sur les tuiles...
Quand la rue traîne un voile incertain de rumeurs d'objets, d'ombres brisées de désir de respirer ailleurs, nous marchons main dans la main nos solitudes mutiques enchâssées l'une dans l'autre explorateurs de terres trop connues l'âme insipide cherche...